C'est l'histoire d'une gigantesque arnaque, aux ramifications internationales. Partout dans le monde, des hommes et des femmes, attirés par des promesses d'argent facile, ont investi dans le One Coin. Ce produit financier séduisant se présente comme une cryptomonnaie révolutionnaire, un placement aux rendements affolants. Mais la réalité est tout autre. Trompés par des vendeurs ingénieux, la plupart des acheteurs ont perdu l'intégralité de l'argent investi. Cette escroquerie moderne, extrêmement sophistiquée, a fait des centaines de milliers de victimes. Les pertes se chiffrent en milliards d'euros.
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C'est l'histoire d'une gigantesque arnaque, aux ramifications internationales. Partout dans le monde, des hommes et des femmes, attirés par des promesses d'argent facile, ont investi dans le One Coin. Ce produit financier séduisant se présente comme une cryptomonnaie révolutionnaire, un placement aux rendements affolants. Mais la réalité est tout autre. Trompés par des vendeurs ingénieux, la plupart des acheteurs ont perdu l'intégralité de l'argent investi. Cette escroquerie moderne, extrêmement sophistiquée, a fait des centaines de milliers de victimes. Les pertes se chiffrent en milliards d'euros. Le scandale n'épargne pas la Belgique. Des milliers d'investisseurs belges ont acheté du One Coin. Beaucoup d'entre eux l'ont fait sur les conseils d'une personnalité publique: l'ancien député fédéral Laurent Louis. Pendant un an, j'ai enquêté au coeur du réseau tentaculaire du One Coin. Dans un récit inédit et dans un podcast exclusif en six épisodes ( lire l'encadré " Abonnez-vous à notre podcast "), je vous expliquerai comment ce projet fou a vu le jour, sur fond de bitcoinmania. Je vous présenterai les dirigeants du One Coin: la magnétique fondatrice, la Bulgare Ruja Ignatova, docteure en droit et ancienne consultante chez McKinsey, qui a disparu de la circulation depuis plus de deux ans, et son frère Konstantin Ignatov, arrêté en 2019 aux Etats-Unis, en attente de son procès et qui plaide coupable des chefs de fraude et blanchiment d'argent. Je vais tenter de mesurer l'ampleur du phénomène en Belgique. Je vous révélerai les techniques de persuasion mises en place par les promoteurs du One Coin pour séduire les investisseurs. Je vais également explorer les failles de nos autorités de contrôle et de notre système judiciaire, qui se sont révélés impuissants face à cette arnaque stupéfiante. Au cours de mon enquête, j'ai rencontré de nombreuses victimes, qui ont parfois englouti des sommes astronomiques dans cette aventure risquée. J'ai pu accéder à des documents et des échanges confidentiels. J'ai infiltré des groupes WhatsApp promotionnant le One Coin. J'ai remonté la piste belge, qui mène directement à Laurent Louis. Tout ça en pleine crise du coronavirus. Cette période instable et angoissante, l'ancien député l'a en effet transformée en véritable opportunité commerciale, en moment idéal pour mettre en vitrine son produit d'investissement favori: le One Coin. Le 19 juin 2019, Jasmine (prénom d'emprunt) est venue me voir. Elle voulait me parler d'un problème d'ordre financier qui était devenu avec le temps un véritable tabou familial. Sans en parler à personne, son père a investi dans le One Coin. Proche de l'âge de la pension, il a placé une bonne partie de ses économies dans ce produit qu'il pensait prometteur. Au total, il a investi plus de 60.000 euros. " Il s'est dit qu'en investissant une grosse somme d'un coup, il pourrait gagner... des millions. Il rêvait. Et il s'est fait avoir ", témoigne Jasmine. Elle m'explique que son père tente depuis des mois de récupérer l'argent investi, au moins en partie. Mais les 60.000 euros semblent s'être évaporés. Toutes les démarches entreprises auprès de son intermédiaire financier restent vaines. Très vite, j'apprends que son père a investi dans le One Coin via un revendeur au profil plutôt particulier. C'est un ancien député fédéral, un certain Laurent Louis. Souvenez-vous. En 2010, l'homme se présente sur les listes du Parti Populaire, un parti situé très à droite sur le spectre politique francophone. Créé par l'ancien avocat Mischaël Modrikamen qui s'était fait connaître lors de l'affaire Fortis en tant que représentant des petits actionnaires, le Parti Populaire envoie alors un unique élu au Parlement fédéral. A la surprise générale, Laurent Louis débarque dans l'hémicycle. Il est à l'époque un parfait inconnu. Mais il va très vite occuper l'espace médiatique. Tout au long de son mandat, il multiplie les frasques, les outrances verbales et les prises de position extrêmes. Il fait des déclarations anti-roms, il traite Elio Di Rupo, alors Premier ministre, de pédophile, il exhibe les photos des autopsies de Julie et Mélissa, il tient des propos négationnistes qui lui valent une condamnation, il est inquiété pour une affaire de harcèlement sexuel... Il ne fait pas long feu au Parti Populaire: début 2011, Mischaël Modrikamen exclut ce député encombrant, le qualifiant d'erreur de casting. Laurent Louis rejoint ensuite le parti Islam dont il s'auto-proclame même président avant de se faire là aussi démettre de ses fonctions. Il fonde alors Debout les Belges, un mouvement sous la bannière duquel il se présente aux élections de 2014. Il réalise un résultat canon: 13.000 voix de préférence. C'est le septième score dans la circonscription du Hainaut. Il fait à peine moins bien que le ténor Denis Ducarme (MR) et il devance des pointures comme Jean-Marc Nollet (Ecolo) ou Richard Miller (MR). Malgré cette belle percée, Laurent Louis n'est pas élu. Il disparaît de la scène politique et médiatique. Mais sa popularité, bien réelle, ne s'estompe pas. Elle s'exerce dans des espaces d'expression parallèles: les réseaux sociaux. Son discours complotiste, anti-élites et anti-système fait mouche. Ses vidéos tournent sur YouTube et sur Facebook et font chaque jour de nouveaux adeptes. Aujourd'hui encore, sa page " Debout Les Belges " est suivie par plus de 53.000 personnes. Ses publications quasi quotidiennes suscitent souvent des centaines de réactions, de commentaires et de partages. Sa chaîne YouTube, qui avait pendant un temps été supprimée par le site, compte à nouveau plus de 26.000 abonnés. Certaines de ses vidéos ont été vues des centaines de milliers de fois. En 2016, échaudé par la politique, Laurent Louis veut donner un nouveau virage à sa carrière. Il se lance alors dans la vente de produits financiers alternatifs. Cette reconversion, pour surprenante qu'elle soit, suit le fil idéologique de ce personnage public atypique. " Quand il a commencé à faire la promotion des monnaies virtuelles, il expliquait que ces produits d'investissement sortaient du cadre traditionnel. Il les présentait comme un moyen de lutter contre le système ", m'explique un ancien cadre du Parti Populaire qui a côtoyé Laurent Louis. " A ce moment-là, il avait déjà une agora sur les réseaux sociaux, des gens qu'il pouvait facilement convaincre. En fait, il avait déjà sa clientèle ", poursuit ma source, qui préfère rester anonyme. L'ancien député capitalise sur la communauté d'adeptes qu'il a réussi à constituer en ligne pendant son mandat politique. Il profite de cette audience acquise à sa cause pour faire la promotion d'une cryptomonnaie exotique aux rendements inouïs. Le One Coin. En juillet 2016, il publie sur sa chaîne YouTube et sur sa page Facebook l'une de ses premières vidéos promotionnelles, qui continue à tourner: " Grâce au One Coin vous êtes déjà nombreux à avoir pu gagner de l'argent via mon réseau et votre investissement personnel et financier, annonce-t-il. Ceux qui n'ont pas encore pu dégager des bénéfices en obtiendront dans les semaines et les mois qui viennent. Car il y a une chose qui est certaine avec le One Coin, c'est que nous serons tous, tous gagnants ". Quelques mois après le début de ses nouvelles activités, Laurent Louis estime déjà avoir convaincu plus de 600 personnes d'investir dans le One Coin. La machine est lancée. Rien ne l'arrêtera. " Le réseau que je dirige et auquel vous appartenez se compose d'environ 2.500 personnes ", avance-t-il dans un mail datant de janvier 2018, envoyé à sa communauté d'investisseurs. Aujourd'hui encore, Laurent Louis envoie à peu près deux newsletters par mois à toutes les personnes qui ont placé leur argent dans le One Coin en suivant ses conseils. Il continue de répondre à leurs questions sur des groupes WhatsApp dont j'ai pu obtenir des captures d'écran et qui comptent des centaines de personnes, comme le groupe " UnionTeam - Laurent Louis " (160 membres). Par ces différents canaux, il continue d'alimenter les espoirs de ceux qui espèrent pouvoir toucher un jour un retour sur leur investissement. " Un nouveau site One Life* va arriver très prochainement ", promet-il dans un mail du 29 juin 2020. " Le transfert de One Coin sera de nouveau possible en grande quantité entre les membres dès le mois de septembre ", poursuit-il. Suite à des critiques internes sur l'impossibilité pour les investisseurs de récupérer leur argent, il répond: " On ne peut pas dire que plus rien ne bouge. La vie est toujours présente chez One Coin ". Quand les membres de la communauté se font plus incisifs, il rejette la faute sur d'autres cadres de l'organisation, comme son ancien compère français Julien Zerbini avec lequel il animait encore des webinaires consacrés au One Coin en décembre 2019. Régulièrement, il exclut de ses groupes WhatsApp les voix trop discordantes. Et bien sûr, il n'oublie pas de continuer à faire la promotion de son produit. Le 28 avril 2020, en pleine crise sanitaire, il envoie un mail à sa communauté, intitulé " One Coin face au Covid-19 ". " Il est clair que le moment est idéal pour changer les mentalités et permettre la concrétisation du One Coin ", écrit-il. Il propose une nouvelle offre promotionnelle exceptionnelle aux membres de son réseau: " Pour ceux qui le souhaitent toujours, je maintiens, vu les circonstances catastrophiques, l'offre Power Pack à 10 centimes pièce. Si vous souhaitez acquérir des parts par tranche de 250 euros, c'est donc encore possible. N'hésitez pas à me contacter par mail ou par téléphone, tous les jours entre 9 h et 18 h. Je reste à votre écoute et vous souhaite une agréable journée. " Signé: Laurent Louis. Le Power Pack, c'est la formule tout compris proposée par Laurent Louis depuis des années aux amateurs de One Coin. Il y en a pour toutes les bourses et pour tous les profils d'investisseur. Le Pack Starter à 140 euros pour débuter prudemment. Le Pack Trader à 580 euros pour les habitués. Le Tycoon Plus à 7.500 euros pour les audacieux. Le Power Pack Infinity+ à 48.000 euros pour les experts... Les rendements annoncés, chaque fois, sont irréels. Le 25 mars 2020, Laurent Louis envoie un bref message à sa communauté. Un transfert urgent de One Coin à prix cassé se prépare. La promotion ne durera que huit jours: " Toutes les formules sont possibles mais c'est la toute dernière occasion, écrit-il. Passé ces huit jours, plus aucun One Coin ne sera disponible à ce prix ". Ce prix, c'est 0,10 euro l'unité. Les achats se feront par tranches de 500 euros. " La valeur du One Coin passera prochainement à 42 euros ", assure Laurent Louis. Elle sera donc multipliée par 420. En achetant un pack à 500 euros, l'investisseur se retrouvera bientôt à la tête d'une fortune de... 210.000 euros. Si le Power Pack n'est pas suffisant, l'intermédiaire financier propose une option bonus: le Coinsafe. Cette formule unique permet de toucher des intérêts annuels sur la somme placée: " Vous pouvez mettre les One Coin que je vous ai envoyés dans le coffre-fort Coinsafe pendant 12, 18 ou 24 mois et toucher des intérêts de 10, 11 ou 12% par an ", écrit Laurent Louis dans un mail datant du 14 novem-bre 2019. A l'heure où le compte d'épargne ne rapporte presque rien, à l'heure où on parle de taux d'intérêt négatifs, ce type de rendement peut sembler très alléchant. Cette perspective unique de faire fructifier son capital rapidement et sans effort, c'est ça qui a fait craquer le père de Jasmine. " Il a toujours été méfiant, limite parano. Mais là, je crois que l'argent lui a fait perdre la tête ", analyse sa fille. En 2017, séduit par le bagou de l'ancien député, il prend contact avec lui par mail, il rejoint ses groupes WhatsApp, il passe des heures avec lui au téléphone. Laurent Louis se montre convaincant. Il lui envoie des coordonnées bancaires. Un compte ING Direct au nom d'un bénéficiaire non identifié, localisé à Punta Plata Beach, à Malaga en Espagne. Le père de Jasmine vire l'argent. Il n'en reverra jamais la couleur. Soixante mille euros et quelques poussières disparaissent de son compte en banque. Mais ils réapparaissent sous une autre forme, un peu moins concrète. En échange de son argent, le père de Jasmine reçoit des One Coin. Pour consulter l'évolution de ses investissements, il se connecte à un compte en ligne hébergé sur le site de la société One Life* basée à Sofia, en Bulgarie. Jasmine l'ouvre devant moi. J'écarquille les yeux. Son père possède très exactement 2.209.342 One Coin. Il est millionnaire. Mais être millionnaire en One Coin, ce n'est hélas pas la même chose qu'être millionnaire en euros. Le One Coin se présente comme une cryptomonnaie. Selon ses promoteurs, il s'agit d'une monnaie virtuelle que l'on peut acheter et revendre, en empochant de jolis gains au passage. Les vendeurs de One Coin ne manquent jamais de dire que la valeur de leur produit est sur une incroyable courbe ascendante depuis sa création. Il serait passé, selon ses concepteurs, d'une valeur de 0,50 euro en janvier 2015 à 42 euros aujourd'hui. L'attractivité de ce produit financier surprenant puise sa source dans l'engouement que suscite depuis plusieurs années le bitcoin. Dans le sillage de la plus célèbre des cryptomonnaies, toute une série de monnaies virtuelles alternatives se sont créées. On en dénombre plus de 7.000. Le One Coin se présente comme l'une d'entre elles. Le bitcoin est la première cryptomonnaie. Il est créé en 2009 par un certain Satoshi Nakamoto, que personne n'a réussi à identifier à ce jour. C'est une sorte d'utopie monétaire, née au lendemain de la crise financière en réaction aux excès des banques. Contrairement aux monnaies traditionnelles, le bitcoin échappe totalement au contrôle des Etats et des banques centrales. Il n'est donc pas régulé et fonctionne de manière décentralisée, ce qui signifie qu'il est détenu et contrôlé par ses utilisateurs. Investir dans le bitcoin est risqué. Son cours est extrêmement volatil. Il traverse en ce moment une phase ascendante particulièrement intense mais il a aussi connu des chutes spectaculaires. En 2016 et en 2017, le bitcoin connaît une période faste. Une véritable bitcoinmania se déclenche même fin 2017 lorsque la star des cryptomonnaies tutoie la valeur de 20.000 dollars l'unité. Certains investisseurs doués ou chanceux, qui ont misé sur cette monnaie virtuelle, gagnent alors beaucoup d'argent. Habilement, les vendeurs de One Coin parviennent à capter cette frénésie autour du bitcoin pour convaincre les investisseurs du potentiel de leur produit. Le One Coin se pare de tous les attributs d'une cryptomonnaie. Mais il lui manque une caractéristique essentielle. " Une cryptomonnaie doit pouvoir s'échanger avec d'autres personnes. C'est le premier test ", pointe Mathieu Jamar, directeur de la société DCY.io, spécialisée dans les cryptomonnaies. Une cryptomonnaie doit donc être échangeable. On doit pouvoir en obtenir une contrepartie. On doit notamment pouvoir l'échanger contre sa valeur en monnaie traditionnelle: en euros ou en dollars, par exemple. Pour réaliser ce type d'opération, il faut se rendre sur une bourse d'échange en ligne. La plus célèbre, Coinbase, revendique plus de 35 millions d'utilisateurs dans le monde. Ces bourses d'échange sont très faciles d'accès et permettent d'acheter et de vendre des cryptomonnaies en quelques clics sur Internet ou sur une application mobile. J'en ai personnellement fait l'expérience, le système fonctionne. Le problème numéro un du One Coin, c'est qu'on ne le retrouve sur aucune bourse d'échange. Le père de Jasmine ne peut donc pas se tourner vers ces acteurs spécialisés du secteur pour revendre ses One Coin. S'il veut les échanger contre des euros, il n'a pas le choix: il doit s'adresser à son intermédiaire financier. Il doit s'adresser à Laurent Louis. Et là, il fait face à un mur. Lorsqu'un investisseur lui demande de récupérer le fruit de son placement, l'ancien député botte en touche. " Le projet a pris du retard ", avance-t-il. " Le One Coin sera bientôt disponible sur une bourse d'échange, soyez patient. " " Il faut réactiver votre compte en ligne et vous ré-identifier, c'est la procédure normale. " Les explications ne manquent pas. En attendant, les investisseurs sont coincés. Ils sont incapables d'échanger leurs One Coin contre des euros. Au cours de mon enquête, j'ai discuté avec une douzaine d'investisseurs aux motivations et aux profils divers. Comme Valentin, un étudiant français séduit par la fougue de l'ex-député Laurent Louis, qui a placé 720 euros dans le One Coin. Comme Vincent, qui a investi 30.000 euros dans une révolution technologique à laquelle il veut continuer à croire. Ou encore Damien, qui regrette d'avoir placé 3.000 euros sans trop réfléchir dans un produit qui lui semblait alors particulièrement séduisant. Les montants varient. Mais la mécanique est toujours la même. Une promesse d'argent facile. Un premier virement. Des " cryptomonnaies " sur un compte en ligne. Un investissement dont la valeur semble exploser. Et finalement, la douche froide quand l'investisseur comprend qu'il ne peut pas revendre ses One Coin. Mathieu Jamar a assisté, incrédule, à la naissance de l'engouement autour du One Coin en Belgique. Cet expert en (vraies) cryptomonnaies s'est même rendu par curiosité à des séminaires de vente de ce produit alternatif. Son avis est tranché. " Les One Coin ne sont que des chiffres affichés sur un compte en ligne, ils n'ont aucune valeur, estime-t-il. Les investisseurs peuvent en acheter des milliers, voire des centaines de milliers. Mais ils ne pourront jamais les revendre, ni même les sortir du site dans lequel ils sont cloisonnés. Cela signifie tout simplement que le One Coin n'est pas une cryptomonnaie. " En clair, le One Coin, c'est du vent. C'est un pseudo-produit financier qui ne rapporte rien. Sauf à ceux qui en vendent. Le 30 juin 2020, je tombe sur un message publié par Laurent Louis sur son compte Instagram: " Vous avez envie de recevoir tous les mois un complément de revenus? Je crois que nous en avons tous besoin. Contactez-moi et je vous dirai comment bénéficier des nouvelles technologies pour mettre du beurre dans vos épinards! Vous croyez qu'il faut être riche pour vivre de vos économies? C'est faux. Avec 14.000 euros, vous pouvez recevoir tous les mois plus de 1.400 euros! De quoi payer vos factures ou vous offrir de petits plaisirs. #gagnerdelargent " C'est l'occasion que j'attendais. Je vais prendre contact avec Laurent Louis afin de comprendre comment il s'y prend pour con-vaincre les candidats investisseurs. Mais je vais garder quelques cartes en main. Pour ce premier contact, je tairai mon nom et ma profession. Je m'appellerai Jean-Pierre.