L'homme est imposant, volubile, passionné. A 43 ans, David Favest incarne à merveille son principal défi : rendre la Société des transports intercommunaux bruxellois (Stib) moderne et toujours plus désirable. En deux ans à peine, ce directeur marketing semble y être parvenu. " On a 'Stromaeïsé' la Stib ! ", scande-t-il avec le sourire, comme pour mieux insister sur le capital sympathie de l'opérateur public qui a été dopé avec la nouvelle stratégie mise en place. " Ce chanteur bruxellois a été une vraie source d'inspiration pour nous, confie David Favest. Stromae incarne le Bruxelles d'aujourd'hui : coloré, multiculturel, contem...

L'homme est imposant, volubile, passionné. A 43 ans, David Favest incarne à merveille son principal défi : rendre la Société des transports intercommunaux bruxellois (Stib) moderne et toujours plus désirable. En deux ans à peine, ce directeur marketing semble y être parvenu. " On a 'Stromaeïsé' la Stib ! ", scande-t-il avec le sourire, comme pour mieux insister sur le capital sympathie de l'opérateur public qui a été dopé avec la nouvelle stratégie mise en place. " Ce chanteur bruxellois a été une vraie source d'inspiration pour nous, confie David Favest. Stromae incarne le Bruxelles d'aujourd'hui : coloré, multiculturel, contemporain, ouvert sur la modernité... Et nous avons clairement repris ses codes de communication pour sortir la Stib de la grisaille dans laquelle elle était enfermée. " Pas facile de faire bouger un monstre qui compte 8.200 employés et qui a longtemps souffert d'une image négative. Surtout lorsque l'on vient du secteur automobile où l'individualisme du client ciblé prime sur la dimension collective d'une certaine mobilité. Car avant de débarquer à la Stib, David Favest a passé toute sa carrière à vanter les modèles des voitures Chrysler, Fiat et Kia. Après un court passage chez Xerox en 1995, ce diplômé de l'Ephec épouse rapidement la cause des constructeurs automobiles. De Bruxelles à Utrecht en passant par Detroit aux Etats-Unis, son parcours le conduit pendant 20 ans sur les routes du succès, avant qu'un chasseur de têtes ne vienne lui proposer le poste de directeur marketing en mars 2015. " J'ai évidemment été surpris, raconte ce passionné de voyages, mais il y a malgré tout un point commun entre les marques de voitures et le transport public : c'est la problématique de la mobilité. Or, la Stib incarne à mes yeux la mobilité du futur et, personnellement, j'ai toujours été intéressé par de nouveaux défis. " En octobre, cela fera tout juste deux ans que David Favest aura pris ses quartiers dans cette société qui promeut les transports en métro, en tram et en bus sur près de 760 km de réseau bruxellois. Si des réformes avaient été définies avant son arrivée, la nouvelle recrue a dû toutefois mettre les mains dans le cambouis pour faire passer ses propres idées. " Il n'y avait pas de véritable plan marketing ni même d'approche digitale quand je suis arrivé à la Stib, précise l'intéressé, et j'ai donc mis en place une stratégie qui repose sur quatre piliers : déclarer notre amour pour Bruxelles, mettre le client - et non plus l'utilisateur - au centre des préoccupations, faire de la publicité réellement 'impactante' et poser le digital comme premier moyen de communication. " En moins de deux ans, David Favest a plutôt gagné son pari. Grâce à des campagnes de pub colorées qui portent Bruxelles dans son coeur et à une véritable stratégie digitale qui facilite la vie des voyageurs, la Stib a réussi à transformer ses clients les plus actifs en de vrais ambassadeurs qui promeuvent la marque avec fierté. Aujourd'hui, l'opérateur public n'a plus l'image d'une société ringarde, elle est devenue " le plus beau moyen de connecter les gens entre eux, physiquement, à Bruxelles ", conclut le directeur marketing. F.B.