La question qui taraude l'Espagne depuis quatre ans se posera toujours avec autant d'acuité début 2020 : la classe politique arrivera-t-elle à former un gouvernement réformateur solide ? Si on excepte une progression éclair de la formation d'extrême droite Vox et l'effondrement du parti de centre droit Ciudadanos, le résultat des dernières élections générales du 10 novembre 2019 (les quatrièmes en quatre ans) rappelle le précéden...

La question qui taraude l'Espagne depuis quatre ans se posera toujours avec autant d'acuité début 2020 : la classe politique arrivera-t-elle à former un gouvernement réformateur solide ? Si on excepte une progression éclair de la formation d'extrême droite Vox et l'effondrement du parti de centre droit Ciudadanos, le résultat des dernières élections générales du 10 novembre 2019 (les quatrièmes en quatre ans) rappelle le précédent, en avril 2019 : des socialistes premier parti du pays mais ne disposant d'aucune majorité. Leur leader Pedro Sánchez devra donc réussir en 2020 ce qu'il a raté en 2019 : créer une coalition stable. Et ce ne sera pas simple. Les chefs de parti espagnols n'ont toujours pas intégré le multipartisme qui suppose l'art du compromis. En 2020, ils n'auront pourtant pas le choix. La première tâche à laquelle le nouveau gouvernement devra s'atteler est l'approbation d'un budget en remplacement de celui avorté de 2018. Il faudra resserrer les cordons de la bourse car les prévisionnistes annoncent un essoufflement de la croissance économique et le ralentissement de la création d'emplois. Avec une dette publique de 98% du PIB, l'Espagne dispose d'une marge de manoeuvre fiscale assez étroite si l'économie de la zone euro venait à sombrer dans la récession. Pour améliorer ses performances, l'Espagne doit mener des réformes structurelles, en matière d'éducation et de formation principalement. Un accord sur le financement du système des retraites de plus en plus sollicité s'avère également très urgent. Autre épine dans le pied du nouveau gouvernement : la Catalogne. En octobre 2019, neuf représentants du mouvement séparatiste ont été condamnés à de lourdes peines de prison au terme d'un procès fleuve du fait de leur indépendantisme jugé inconstitutionnel. Leurs condamnations ont suscité une vague de protestations. La fin du procès pourrait débloquer la situation politique en Catalogne, du moins en partie. L'année 2020 sera-t-elle celle d'un accord entre le gouvernement de Madrid et la Catalogne, notamment sur la majoration des subventions allouées à la Région et la redéfinition de ses pouvoirs ? Rien n'est moins sûr.