Jamais deux sans trois ! Après les 2,4 milliards d'euros dans l'affaire de Google Shopping et les 4,3 milliards pour les abus liés à Android l'an dernier, la Commission européenne vient une nouvelle fois de mettre Google à l'amende pour violation des règles de l'UE en termes de pratiques anticoncurrentielles. Margrethe Vestager ( photo), commissaire à la Concurrence, a condamné, la semaine dernière, le géant de Mountain View à payer 1,49 milliard d'euros pour ce qu'elle assimile à des abus commis par AdSense, sa régie publicitaire. Cette dernière commercialise des publicités destinées au site de Google mais aussi à des sites tiers. AdSense permet à ces sites (journaux, voyages, e-commerce, etc.) d'installer un moteur de recherche Google sur leurs plateformes, d'afficher les résultats et des publicités contextuelles. La régie agit donc comme intermédiaire entre ces sites et les annonceurs. Un marché juteux que Google domine à 70%. En fait, la Commission reproche à la firme de Mountain View d'avoir imposé des clauses tellement restrictives qu'elles empêchent l'accès des concurrents à ces mêmes publicités contextuelles. Comme, par exemple, l'obligation de donner à AdSense l'espace le plus visible ou de lui demander l'autorisation avant de modifier l'affichage des publicités concurrentes.

L'amende d'1,49 milliard d'euros semble quand même bien faible puisqu'elle ne représente qu'1,29 % du chiffre d'affaires de Google en 2018. Margrethe Vestager la justifie en expliquant qu'elle est basée uniquement sur le courtage publicitaire et pas sur tout le marché de la pub engrangé par la firme américaine. Ces amendes, qui reviennent aux Etats membres au prorata de leur contribution au budget européen, sont-elles efficaces ? Force est de constater que Google a procédé à des changements liés aux deux autres dossiers. Notamment dans celui d'Android où, dans les prochaines semaines, les utilisateurs européens pourront choisir leur navigateur et leur moteur de recherche par défaut.