"Si nous étions restés des 'voiristes' purs et durs, nous ne serions plus là. " Benoît Soenen salue l'évolution patiente de l'entreprise familiale fondée en 1946 par Maurice Wanty. De la construction aux routes en passant par le terrassement et l'assainissement, elle a saisi les opportunités d'élargir son champ d'activités au fil des ans. Wanty s'est en particulier forgé une solide réputation dans les chantiers de démantèlement d'installations industrielles. " Il faut pouvoir aujourd'hui offrir une large palette de services, poursuit Benoît Soenen. Nous pouvons assainir une friche, la viabiliser, reconstruire, gérer les impétrants et même apporter une solution énergétique pour le nouveau bâtiment. Et tout cela, nous le gérons en interne. C'est notre force. "
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"Si nous étions restés des 'voiristes' purs et durs, nous ne serions plus là. " Benoît Soenen salue l'évolution patiente de l'entreprise familiale fondée en 1946 par Maurice Wanty. De la construction aux routes en passant par le terrassement et l'assainissement, elle a saisi les opportunités d'élargir son champ d'activités au fil des ans. Wanty s'est en particulier forgé une solide réputation dans les chantiers de démantèlement d'installations industrielles. " Il faut pouvoir aujourd'hui offrir une large palette de services, poursuit Benoît Soenen. Nous pouvons assainir une friche, la viabiliser, reconstruire, gérer les impétrants et même apporter une solution énergétique pour le nouveau bâtiment. Et tout cela, nous le gérons en interne. C'est notre force. " Benoît Soenen a rejoint le groupe Wanty il y a 20 ans, en compagnie de son ami d'université Christophe Wanty, petit-fils du fondateur. Ces deux ingénieurs aux profils complémentaires - Christophe le commercial et Benoît l'agronome - ont contribué à faire croître l'entreprise qui a multiplié ses effectifs par 10 sur les 20 dernières années. Cette croissance fut autant externe qu'interne, avec les rachats ces dernières années de ICM (Mettet), Castagnetti (Flémalle) et, bien entendu, Ronveaux. Cette stratégie offensive tranche avec une certaine frilosité wallonne en la matière. " Nous avons surtout racheté des sociétés familiales, explique Christophe Wanty. Elles cherchaient chez nous une certaine rigueur administrative, rendue nécessaire par les normes actuelles et que seul l'appui de services généraux d'un groupe peut offrir. Et nous, nous avons reçu du personnel compétent et du matériel. Cela nous permet de concilier notre croissance avec le maintien de la culture familiale de Wanty. " C'est le souci constant du tandem : ne pas laisser cet esprit familial s'évaporer. Comment garder un contact direct et régulier avec 1.500 personnes réparties sur plusieurs sites et des dizaines de chantiers ? Par une application mobile spécifique, qui transmet à chacun aussi bien les consignes de sécurité que les offres de places pour le match Charleroi-Standard. " La digitalisation, chez nous, c'est un projet humain pour renforcer notre communication ", résume Christophe Wanty. Dans le même esprit, le groupe a choisi de sponsoriser une équipe cycliste, un sport qui " touche tout le monde ". " Il n'y a pas une journée où on ne me parle pas du Tour de France, sourit Benoît Soenen. Cette équipe prolonge bien la philosophie de Wanty : un petit qui parvient à taquiner les gros. " Et il les taquine désormais hors des frontières, en misant sur son expertise dans les travaux de déconstruction, y compris dans des démantèlements industriels complexes. Wanty a ouvert un bureau à Paris, où le groupe espère décrocher des chantiers en vue des Jeux olympiques de 2024. Il se développe aussi aux Pays-Bas, en Allemagne et même au Maroc. La croissance passe aussi par une certaine diversification. Depuis peu, Wanty s'est inséré dans des filières proposant des solutions énergétiques grâce à des partenariats dans l'éolien et le photovoltaïque. " Nous montons aussi des projets de compensation-carbone, en finançant des plantations à Madagascar, dit Benoît Soenen. Nous aimerions devenir la première équipe cycliste zéro-carbone . " Etre manager, c'est en fait être prêt à une remise en question perpétuelle ", conclut Christophe Wanty.