Il faut vivre, quitte à mourir ! Voilà en substance le message lancé par l'acteur et scénariste Nicolas Bedos fin de semaine dernière sur les réseaux sociaux. Son message a fait le buzz, comme on dit aujourd'hui, et même les autorités publiques françaises ont dû réagir pour lui rappeler qu'avec sa célébrité, il devrait faire davantage attention à ce qu'il dit ou écrit. Mais au fond, qu'a-t-il écrit exactement ? Je vous cite son tweet : " Bon, allez, soyons francs. Arrêtez-tout. Tout. Les masques. Les confinements. Excepté face à vos parents très fragiles (quand ils le souhaitent, ce qui qui n'était pas le cas de mon père, meurtri à mort d'être privé de notre amour). Nous devons désormais vivre, quitte à mourir. On vit. On aime. ...

Il faut vivre, quitte à mourir ! Voilà en substance le message lancé par l'acteur et scénariste Nicolas Bedos fin de semaine dernière sur les réseaux sociaux. Son message a fait le buzz, comme on dit aujourd'hui, et même les autorités publiques françaises ont dû réagir pour lui rappeler qu'avec sa célébrité, il devrait faire davantage attention à ce qu'il dit ou écrit. Mais au fond, qu'a-t-il écrit exactement ? Je vous cite son tweet : " Bon, allez, soyons francs. Arrêtez-tout. Tout. Les masques. Les confinements. Excepté face à vos parents très fragiles (quand ils le souhaitent, ce qui qui n'était pas le cas de mon père, meurtri à mort d'être privé de notre amour). Nous devons désormais vivre, quitte à mourir. On vit. On aime. On avance. En ce monde de pisse-froid, vivons à fond, embrassons- nous, crevons, ayons de la fièvre, toussons, récupérons, la vie est une parenthèse trop courte pour se goûter à reculons ". Nicolas Bedos n'a fait qu'exprimer ce qu'une partie de la population pense aujourd'hui. C'est un peu la thèse de ceux et celles qui pensaient que tout ceci n'était qu'une petite grippe en début de pandémie. C'est en partie la même thèse que ceux et celles qui pensent que l'économie ne vaut pas la peine d'être détruite pour protéger des personnes en fin de vie. C'est aussi un peu la thèse de ceux et celles qui parlaient durant cet été d'une " maladie sans malades ". Et, in fine, c'est en partie la thèse de ceux et celles qui pensent maintenant qu'il vaut mieux laisser la population être contaminée. Bref, qu'il faut jouer la carte de l'immunité collective pour être enfin débarrassé de ce fichu virus. En France, les propos de Nicolas Bedos ont été jugés par certains comme des déclarations de dandy irresponsable. La raison ? Les calculs effectués en France montrent que si les autorités publiques n'agissent pas - en clair, si elles jouent la carte de l'immunité collective - le coût en vies humaines fluctuerait entre 100.000 et 450.000 morts. Soyons francs, quel est le politique prêt à assumer une telle hécatombe ? L'autre leçon à tirer de ce genre de discours, c'est qu'il met à mal les critiques du système capitaliste. Chez nous, on reconnaîtra les socialistes verts, passés du camp progressiste au camp des conservateurs, les écolos adeptes de la décroissance mais qui refusent de faire leur propre transition et les religieux asymptomatiques au bon sens du PTB. Les plus allumés d'entre eux nous répètent à l'envi que nous vivons dans un système ultra-libéral, lui-même à l'origine de tous nos maux. Ultra-libérale, la Belgique ? La bonne blague ! La Belgique, c'est 11 millions d'habitants, 7 gouvernements et 55 ministres. En Wallonie, 40% de la population active travaille pour le gouvernement. Mieux encore : aujourd'hui l'Etat représente 53,7% de notre PIB. Avec les aides (nécessaires) Corona, l'empreinte de l'Etat sur notre économie sera de... 70%. Est-ce du libéralisme ou du communisme ? En réalité, ce qui est nouveau, ce n'est pas le virus, mais notre regard sur cette maladie. Pendant des siècles, nos ancêtres sont partis dans l'indifférence générale, hormis celle de leurs proches. Aujourd'hui, l'économie a été mise à l'arrêt, elle a été sabordée par nos dirigeants en pleine conscience ! Aucun patron n'a discuté les décisions prises par nos gouvernements pour sauver un maximum de vies. Jamais dans notre histoire, la vie n'a été mise à si haut prix. Pour la première fois de l'histoire, la vie est la valeur ultime, comme l'a écrit Olivier Babeau de l'Institut Sapiens. Pour une société matérialiste, dite ultra-capitaliste, vous ne trouvez pas que c'est pas mal ?