En apparence, les chiffres sont bons. Un chiffre d'affaires en hausse de 26 % sur un an à 4,92 milliards de dollars et un bénéfice de 271 millions. Certes, ce dernier est moins élevé qu'un an auparavant (384) mais pas de quoi fouetter un chat non plus. Et pourtant, depuis l'annonce de ces chiffres, le titre Netflix dévisse à Wall Street, avec, notamment, une chute de 12 % le premier jour.

En fait, les investisseurs ont sanctionné l'évolution des abonnements. Globalement, au 2e trimestre, Netflix a ajouté 2,7 millions d'abonnés. Loin en deçà des prévisions et de sa performance du 1er trimestre (5,5 millions). En outre, pour la première fois depuis sept ans, la plateforme a enregistré une baisse de ses abonnés américains : -130.000. Une baisse inquiétante alors que les plateformes concoctées par les concurrents (Apple, Disney et Warner avec son HBO Max) ne sont pas encore actives...

Netflix attribue ce coup de mou à plusieurs facteurs. D'une part, la hausse des prix dans certaines régions dont les Etats-Unis où une offre de base est passée de 5 à 13 dollars ! Ensuite, la perte de séries populaires comme The Office ou Friends qui ont été reprises par les concurrents pour leurs propres plateformes. Enfin, la faiblesse de sa propre offre originale alors que Game of Thrones déroulait sa dernière saison. Il est vrai que Netflix a gardé ses plus grosses cartouches pour la deuxième partie de l'année et, notamment, la troisième saison de La Casa de Papel, mise en ligne vendredi dernier, ou l'ultime saison de son premier gros succès, Orange is the New Black, prévue fin de ce mois.

Avec 152 millions d'abonnés et un budget de production de 13 milliards de dollars en 2019, Netflix a de quoi voir venir et refuse, jusqu'ici, d'introduire de la publicité dans ses programmes pour réduire le coût de l'abonnement. Il va, par contre, tester en Inde une offre exclusivement réservée aux tablettes et smartphones à moins de 4 dollars.