Historiquement et culturellement, la Scandinavie se compose des États membres du Conseil nordique : l'Islande, la Norvège, le Danemark, la Finlande et la Suède. Les trois derniers sont membres de l'Union européenne - mais seule la Finlande a adhéré à la zone euro -, et la Norvège et l'Islande ont donc forcément conservé elles aussi leur propre monnaie. Toutes ces couronnes offrent-elles une solution à notre quête de rendement ?
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Historiquement et culturellement, la Scandinavie se compose des États membres du Conseil nordique : l'Islande, la Norvège, le Danemark, la Finlande et la Suède. Les trois derniers sont membres de l'Union européenne - mais seule la Finlande a adhéré à la zone euro -, et la Norvège et l'Islande ont donc forcément conservé elles aussi leur propre monnaie. Toutes ces couronnes offrent-elles une solution à notre quête de rendement ? Avant la crise économique de 2008, l'Islande était surtout connue pour les taux élevés proposés sur ses comptes d'épargne. Avec cet argent, des banques comme Kaupthingir finançaient les " corporate vikings " qui rachetaient les plus grandes boutiques et les projets immobiliers les plus prestigieux dans le monde entier. Cette volonté d'expansion était portée par un endettement excessif, et a entraîné la formation d'une bulle. L'effondrement du système a provoqué une des plus grandes crises financières de l'histoire. La couronne islandaise a perdu beaucoup de sa valeur. Si l'Islande n'est pas encore un lieu de villégiature bon marché, la diminution de moitié du cours de change a une influence positive sur le tourisme. L'Islande n'a levé que récemment le contrôle des capitaux qu'elle avait instauré après l'énorme crise bancaire de 2008. Les citoyens comme les entreprises et les fonds de pension peuvent enfin opérer à nouveau sur les marchés internationaux des capitaux. L'économie va d'ailleurs nettement mieux. Le PIB a grossi de 6,2 % l'an dernier, l'inflation est sous contrôle et le chômage est inférieur à 3 %. Le ministre-Président Bjarni Benediktsson, qui a rétabli la confiance dans l'économie, est cependant accusé d'avoir mis sa fortune à l'abri à la veille de la crise bancaire. Son nom est en outre cité dans les Panama Papers. Il est donc en très fâcheuse posture avant les élections du 28 octobre prochain. Le marché obligataire se passerait bien de tels troubles. Nous conseillons pour l'instant d'attendre que le calme revienne. La confiance dans les banques est toujours faible en Islande. Les Suédois, en revanche, avaient jusqu'il y a peu énormément de confiance en eux-mêmes, dans leurs banques et en leur État. Mais la situation semble évoluer. Près d'un tiers de la population suédoise se dit aujourd'hui opposée à la limitation des échanges en espèces. Il y a deux ans, ils n'étaient que 10 %. Y aurait-il un accroc dans cette confiance sans limite ? Sans doute. Les banques sont trop heureuses de numériser les flux financiers. Certains y voient un moyen d'introduire des taux négatifs et ainsi de décourager l'épargne. Depuis février 2016, le taux à court terme suédois s'établit à -0,5 %. De plus, la Riksbank (Banque centrale) a prolongé son programme de rachat d'obligations publiques suédoises. De ce fait, elle réduit les taux sur les échéances plus longues. Cela pourrait entraîner une hausse des cours des obligations existantes. De plus, la couronne suédoise reprend vigueur depuis quelque temps. Un investissement limité dans cette monnaie scandinave se justifie. Tenez cependant compte du fait que vous n'obtiendrez un rendement de 1 % ou plus pour des débiteurs 'triple A' qu'avec des échéances d'au moins huit ans. Les obligations en couronne norvégienne offrent un rendement un peu plus élevé que leurs pendantes suédoises. KBC propose un peu plus de 1,5 % sur cinq ans (voir notre Sélection d'obligations, ci-dessus). La période de souscription court d'ailleurs jusqu'au 27 octobre. Comme en Autriche, la droite a remporté les élections en Norvège. Des conservateurs au pouvoir augurent généralement une période de calme et de stabilité en Bourse. Un changement quand même, exceptionnel : Tesla. La Norvège, qui encourage énormément la voiture électrique depuis très longtemps, veut introduire la " taxe Tesla ", une taxe sur les voitures électriques de luxe. L'opposition de gauche voulait augmenter davantage les impôts si elle arrivait au pouvoir. Mais l'économie norvégienne pourra poursuivre tranquillement sa route. Les obligations norvégiennes sont envisageables, mais limitez l'exposition à cette monnaie à 5 à 10 % de votre portefeuille obligataire. Le taux de chômage officiel s'élève à 4,2 % au Danemark. Mais la réalité est tout autre. Les Danois ont créé une foule de systèmes de prépension et de vrais faux statuts. Comme la Belgique, le Danemark est donc confronté à un chômage (caché) significatif. La pression fiscale extrêmement élevée a une incidence sur la participation au travail. Et les Danois ne sont pas contents. Le Danemark revêt une deuxième place peu enviable dans le classement du nombre de jours de grève, après la championne du monde, la France. L'an dernier, le pays a enregistré une croissance modeste de 1,7 % pour une inflation de 0,8 %. Depuis plusieurs années, la couronne danoise évolue à peine dans la fourchette fixée par la Banque centrale. En raison de ses fondamentaux solides, la couronne danoise (DKK) est une valeur refuge en période d'incertitude dans la zone euro. Mais comme les investissements en obligations en DKK ne rapportent pas plus que ceux en obligations en euro, nous ne les recommandons pas. Les obligations norvégiennes peuvent prendre à leur compte 5 à 10 % de votre portefeuille obligataire.