Disons que la découverte se mérite. Parce qu'elle n'est pas si facile à débusquer. Pour arriver au mur de Comblain-au-Pont, à une trentaine de kilomètres au sud de Liège, il faut d'abord diriger son véhicule vers le Centre de l'interprétation de la chauve-souris (visitable en groupe et sur rendez-vous), dépasser ce dernier d'une centaine de mè...

Disons que la découverte se mérite. Parce qu'elle n'est pas si facile à débusquer. Pour arriver au mur de Comblain-au-Pont, à une trentaine de kilomètres au sud de Liège, il faut d'abord diriger son véhicule vers le Centre de l'interprétation de la chauve-souris (visitable en groupe et sur rendez-vous), dépasser ce dernier d'une centaine de mètres puis, à une barrière sur la gauche, laisser ledit véhicule et prendre un sentier qui descend durant quelques centaines de mètres. Attention, le terrain est accidenté, et aussi boueux et glissant par mauvais temps. Heureusement, la récompense est bien là: un spectaculaire étalage de pierres du pays, sur une pente à 30% qui raconte quelques centaines de millions d'années, entre art et mémoire, oeuvre en pleine nature et dispositif géologique. Cette imposante installation de 54 mètres de long a pris sa matière première dans les carrières environnantes de Géromont, nom du hameau qui l'accueille. Cette échelle stratigraphique est une idée de l'artiste Paolo Gasparotto, ayant imaginé que ce drôle de mur accroché à un versant incarnerait les 540 millions d'âge des plus vieux rocs, un mètre représentant 10 millions d'années. Le projet a débuté en 2015, le temps de récolter sur place les grès qui, selon leur âge, se distinguent par leur couleur: on passe du gris au mauve via le bleuté, l'ocre et le quasi-orange. Du haut du mur, la vue sur la vallée de l'Ourthe est grandiose. On peut alors poursuivre sur le sentier géologique qui serpente sur près de 12 kilomètres, et également découvrir le musée en plein air de sculptures, dont une carte détaillée plutôt utile est disponible au bureau local de tourisme.