" Il mettait des produits au point pour guérir, pas pour tuer ", s'indigne la baronne Dora Arts-Janssen. La veuve du célèbre pharmacologue campinois - à l'origine de Janssen Pharmaceutica - est mécontente, tout comme l'entreprise, de l'intro...

" Il mettait des produits au point pour guérir, pas pour tuer ", s'indigne la baronne Dora Arts-Janssen. La veuve du célèbre pharmacologue campinois - à l'origine de Janssen Pharmaceutica - est mécontente, tout comme l'entreprise, de l'introduction d'un de ses produits dans le cocktail létal que les autorités de Floride viennent d'administrer à leur premier condamné à mort depuis 18 mois. Soupçonnés de ne pas plonger suffisamment le condamné dans l'inconscience, le pentothal puis le midazolam ont en effet été remplacés par l'étimodate, une molécule mise au point dans les années 1960 par l'entreprise de Beerse. Condamné en 1987 à la peine de mort pour un double meurtre aux motivations racistes, Mark Asay avait bien tenté d'interdire le recours à l'étimodate au motif que le sédatif utilisé ne l'avait jamais été à cette fin mais le juge n'a pas retenu l'argument. En Floride, une exécution nécessite l'administration de trois produits : un anesthésiant pour plonger le condamné dans l'inconscience et deux paralysants, l'un pour bloquer la respiration, l'autre le coeur. Fort ennuyé, le groupe pharmaceutique ne peut pas grand-chose. Le brevet a en effet depuis longtemps expiré. GUILLAUME CAPRON