Après trois recapitalisations (en 1994, 2004 et 2015), Walt Disney Company a décidé de réinjecter plus de 1 milliard d'euros dans sa filiale européenne Euro Disney, qui gère le grand parc d'attractions en région parisienne. Euro Disney n'a jamais vraiment pu se défaire d'un lourd endettement de départ et il a également fortement souffert des attentats en Europe. I...

Après trois recapitalisations (en 1994, 2004 et 2015), Walt Disney Company a décidé de réinjecter plus de 1 milliard d'euros dans sa filiale européenne Euro Disney, qui gère le grand parc d'attractions en région parisienne. Euro Disney n'a jamais vraiment pu se défaire d'un lourd endettement de départ et il a également fortement souffert des attentats en Europe. Il a clos son exercice 2015/2016 (qui se termine en septembre) sur une lourde perte de 705 millions d'euros (contre 84,2 millions lors de l'exercice précédent). Ce quatrième plan de restructuration sonne le glas d'Euro Disney en Bourse. The Walt Disney Company qui détient déjà plus de 76 % du capital de sa filiale européenne, a en effet trouvé un accord avec le principal actionnaire minoritaire, le fonds d'investissement du prince saoudien Al Walid, qui accepte de céder ses titres à 2 euros l'action, soit 67 % de plus que ce que valait l'action le 9 février. Dès lors, The Walt Disney Company lancera une OPA sur les titres restants dans le public aux mêmes conditions. L'offre devrait se dérouler du 21 avril au 19 mai. Voilà qui devrait mettre fin à une aventure boursière souvent chahutée qui avait débuté en 1989 par une introduction en Bourse à 17 euros l'action. Mais le conditionnel reste de rigueur : certains petits porteurs estiment en effet que si le parc d'attractions parisien, première destination touristique d'Europe avec 16 millions de visiteurs par an, n'a jamais réussi à décoller, c'est en grande partie parce que ses revenus ont été " pompés " par sa maison mère. Le gestionnaire de fonds Ciam, qui détient 1 % du capital, a introduit une action en justice, estimant que Walt Disney avait reçu en royalties et paiements divers 2 milliards d'euros en provenance de sa filiale. Il réclame le remboursement de 1 milliard. PIERRE-HENRI THOMAS