Même les électeurs qui n'y connaissent rien à l'économie - et encore moins aux taux d'intérêt - vont devoir s'y intéresser. C'est déjà le cas de nos voisins français. Le fait que les partis de la gauche réunis sous la bannière de Jean-Luc Mélenchon se retrouvent quasiment à égalité avec le parti du président Macron incite à poser "la" question: comment Mélenchon et ses amis financeraient-ils leurs promesses électorales? Les experts évoquent 250 à 300 milliards d'euros de dépenses supplémentaires... Une belle somme, surtout lorsque la dette publique française est déjà de taille XXL (2.800 milliards). Il est donc légitime de se demander s'il n'est pas suicidaire d'ajouter encore de la dette à la dette alors que les taux d'intérêt à long terme sont en train de remonte...

Même les électeurs qui n'y connaissent rien à l'économie - et encore moins aux taux d'intérêt - vont devoir s'y intéresser. C'est déjà le cas de nos voisins français. Le fait que les partis de la gauche réunis sous la bannière de Jean-Luc Mélenchon se retrouvent quasiment à égalité avec le parti du président Macron incite à poser "la" question: comment Mélenchon et ses amis financeraient-ils leurs promesses électorales? Les experts évoquent 250 à 300 milliards d'euros de dépenses supplémentaires... Une belle somme, surtout lorsque la dette publique française est déjà de taille XXL (2.800 milliards). Il est donc légitime de se demander s'il n'est pas suicidaire d'ajouter encore de la dette à la dette alors que les taux d'intérêt à long terme sont en train de remonter à vive allure. En Belgique, notre obligation de nous entendre entre Flamands et francophones empêche le balancier d'aller trop à gauche ou trop à droite. C'est moins glamour qu'à Paris: nos politiques ne déclament pas Victor Hugo ou Baudelaire comme ce cher Jean-Luc Mélenchon. Mais au moins, ça nous évite les discours du Grand Soir de nos voisins du sud. Il n'empêche, la hausse des taux d'intérêt pousse aussi les Belges à s'interroger. Moins sur notre dette publique que sur l'impact de la hausse des taux sur notre vie quotidienne. Et c'est vrai que la Banque centrale européenne a bien indiqué que pour juillet prochain, elle allait faire remonter ses taux d'intérêt. Avec une première hausse de 0,25% en juillet et sans doute une autre de 0,5% en septembre. Je parle là de taux d'intérêt à court terme, ceux qui ont une influence sur le rendement de notre compte d'épargne. En bonne logique, le rendement des livrets d'épargne devrait donc lui aussi augmenter et ne pas rester scotché à 0,11%. Oui, mais nos banques n'augmenteront sans doute pas leurs taux avant septembre, selon mes confrères de L'Echo qui les ont questionnées. Restons lucides: même si les banques belges doublaient le rendement actuel des comptes d'épargne, ça nous ferait une belle jambe. Que le rendement de 0,11%, soit doublé, voire triplé, avec l'inflation de 8% qui sévit en Belgique, le rendement réel de notre épargne restera très négatif. En clair, pour le moment, rien ne bouge. Les plus attentifs s'interrogent: pourquoi les rendements des livrets n'ont-ils pas encore été augmentés alors que le coût des prêts hypothécaires, lui, est en hausse réelle? Cela paraît au minimum paradoxal, voire injuste. Mais en réalité, c'est assez normal: le rendement de nos livrets d'épargne est indexé sur les taux d'intérêt à court terme (qui n'ont pas encore augmenté) alors que le coût des prêts hypothécaires, lui, a déjà fameusement augmenté car indexé sur les taux d'intérêt à long terme (qui ont déjà bien augmenté). Autrement dit, les bonnes nouvelles sont retardées alors que les mauvaises sont immédiates. J'en reviens donc aux amis de Mélenchon, s'ils prennent le pouvoir au Parlement. Leur programme - non financé - fera peur aux marchés financiers, avec comme résultat que les premiers à trinquer de cette dérive des finances publiques seraient les jeunes qui ont massivement voté pour... Mélenchon. Comment? Simplement parce que la peur des marchés financiers se traduirait par une prime de risque supplémentaire pour la signature de la France. Autrement dit, par une remontée très forte des taux d'intérêt français. Et qui dit hausse des taux, dit blocage des candidats à l'achat de leur premier logement. C'est ce qu'on appelle le coup de pied de l'âne. A vrai dire, cela me fait penser à une très jolie phrase de l'écrivain Jean-Edern Hallier: "Si le communisme avait promis le paradis au Ciel et non sur Terre, il serait au pouvoir pour deux mille ans".