C'est avec une impatience non dissimulée que nous avons rendu visite à cette jolie fermette du Brabant flamand. Brasserie de l'année Gault & Millau en 2018 et une étoile Michelin, l'endroit a de quoi séduire. Mais patatras, cela ne l'a pas vraiment fait. Passons notre bonsoir auquel il fut répondu en flamand (nous sommes dans une section de Dilbeek...), passons les quelques fautes d'un service plutôt sec... Mais à nos yeux, il n'est pas admissible que sous prétexte de dimanche soir, veille de deux jours de fermeture, la carte déjà réduite par rapport a...

C'est avec une impatience non dissimulée que nous avons rendu visite à cette jolie fermette du Brabant flamand. Brasserie de l'année Gault & Millau en 2018 et une étoile Michelin, l'endroit a de quoi séduire. Mais patatras, cela ne l'a pas vraiment fait. Passons notre bonsoir auquel il fut répondu en flamand (nous sommes dans une section de Dilbeek...), passons les quelques fautes d'un service plutôt sec... Mais à nos yeux, il n'est pas admissible que sous prétexte de dimanche soir, veille de deux jours de fermeture, la carte déjà réduite par rapport au passé soit amputée d'une entrée et de deux plats. Qui plus est des alternatives pour celui ou celle qui ne mange pas de viande... Résultat des courses, nous avons commandé trois entrées et un plat. Heureusement, Jori Van Ginderdeuren, le compétent sommelier qui gère une jolie carte éclectique et accessible, a remis l'église au milieu du village. Quant à la cuisine de Thomas Locus, elle a alterné le moyen et le très bon. Initialement, la Brasserie Julie s'appelait Bistro Margaux. Récompensé d'une étoile mais soucieux d'aller vers plus de simplicité, le chef a changé son concept. La Brasserie Julie revisite les grands classiques de la cuisine belge tout en proposant, à côté, des préparations personnelles créatives. En plat, le cabillaud à l'ostendaise (38 euros) était une belle réussite : un plat généreux en moules et en crevettes et avec une sauce légère et enlevée. En entrée, Locus a aussi sorti une chouette assiette de moules de bouchot (24 euros) avec un bouillon au curry thaï, de la fregola sarda et des pimientos, des poivrons espagnols. Et mention bien aux calamars (24 euros) à l'ail doux, artichaut et nduja, une saucisse de porc épicée italienne. Par contre, on n'a pas trop compris ses langoustines (30 euros ! ) au concombre, burrata et lentilles. Le plat est certes goûteux mais les langoustines avaient perdu tout croquant dans la préparation et avaient des allures de purée. Dommage. En dessert, la framboise-chocolat de Julie (13 euros) était, elle, toute légère. Nous sommes sortis de la Brasserie Julie, pleine comme un oeuf ce soir-là, avec un sentiment mitigé. Certes, la première étoile Michelin ne récompense que la cuisine. Il n'empêche : de nos jours, aller au restaurant doit être une expérience complète. Ce ne fut pas le cas. Enfin, on a quand même un peu de mal à mettre en parallèle le travail de Locus avec celui de Christophe Pauly au Coq aux Champs ou dePhilippe Heylen à Eed, tous deux également gratifiés d'une étoile et dans la même gamme de prix. Un accident de parcours ?