Fin novembre 2019, LVMH et Tiffany signaient un contrat qui fixait le principe d'une OPA amicale à un prix donné. Date limite : 24 août 2020. Prix : 16,2 milliards de dollars. Ce rachat, le plus important de son histoire, devait propulser LVMH (Bulgari, Hublot et Tag Heuer) à la première place mondiale du secteur de la joailler...

Fin novembre 2019, LVMH et Tiffany signaient un contrat qui fixait le principe d'une OPA amicale à un prix donné. Date limite : 24 août 2020. Prix : 16,2 milliards de dollars. Ce rachat, le plus important de son histoire, devait propulser LVMH (Bulgari, Hublot et Tag Heuer) à la première place mondiale du secteur de la joaillerie devant Richemont (Cartier, Van Cleef & Arpels). Patatras, mercredi dernier, tout s'est effondré. L'histoire est assez rocambolesque. Mercredi donc, LVMH a annoncé abandonner son projet d'acquisition de Tiffany en citant une cascade d'événements de nature à fragiliser l'opération. C'est un secret de polichinelle : avec le Covid-19, les activités du bijoutier ne sont pas au mieux. La violence de la pandémie aux Etats-Unis a fortement limité ses revenus avec la fermeture prolongée de ses boutiques. LVMH aurait bien renégocié le prix mais le groupe est pieds et poings liés vu le contrat signé. Il est même contraint d'accepter un report de la transaction au 24 novembre au plus tard. C'était avant que Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères français, ne demande, dans une missive censée rester secrète, à LVMH de surseoir à son achat jusqu'au 6 janvier. Dans le but évident de faire pression sur l'administration américaine qui, à cette date, pourrait imposer de nouvelles taxes sur les produits de luxe français. LVMH a estimé devoir s'exécuter et a renoncé à l'achat suivant une clause prévue à cet effet. Tiffany a évidemment saisi la justice américaine pour obtenir réparation. Les débats s'annoncent houleux. A moins que tout ça ne serve de base à une renégociation en bonne et due forme...