D'une certaine manière, le Festival des Libertés est le cousin des Solidarités namuroises. Comme lui, il positionne ses idées progressistes tout en touchant un large public qui ne l'est pas forcément, voire pas du tout. Une seule solution viable pour réussir ce genre d'événement : que les propositions culturelles soient d'une qualité au-delà des idéologies. Dans le domaine musical, cela se...

D'une certaine manière, le Festival des Libertés est le cousin des Solidarités namuroises. Comme lui, il positionne ses idées progressistes tout en touchant un large public qui ne l'est pas forcément, voire pas du tout. Une seule solution viable pour réussir ce genre d'événement : que les propositions culturelles soient d'une qualité au-delà des idéologies. Dans le domaine musical, cela semble évident : si des artistes aussi différents que Grand Corps Malade ou le Nigérian Femi Kuti portent la parole contestataire, d'autres prônent d'abord un groove, un plaisir, une évasion délaissant les débats expurgés des actuelles grisailles socio-politiques. On pense évidemment à Brigitte, duo français glamour dont le nouvel album Nues est une ode parfois fantasque à la féminité. Mais aussi aux nationaux mélodieux Girls In Hawaii et au solide contingent reggae comprenant le groupe californien de Groundation ainsi que les légendes jamaïcaines, The Congos. Le théâtre est le second point fort des Libertés et est décliné en trois pièces : L'attentat, un thriller de l'Algérien Yasmina Khadra, Le monde renversé posant la question de la place des femmes dans l'engagement, et puis Kingdom, animé par une troupe catalane transgressive qui raconte le monde contemporain via un délirant cabinet de curiosités visuel. Un univers pas si éloigné que cela de l'expo Veuves, travail de la photojournaliste Amy Toensing. Collaborant notamment avec le National Geographic, cette Américaine s'intéresse aux conséquences du veuvage dans différentes parties du monde. A ne pas manquer non plus : la compétition internationale de documentaires, dont The Cleaners, une plongée dans l'industrie cachée du nettoyage digital : une équipe discrètement installée aux Philippines, se charge de débarrasser Internet de la violence, de la pornographie et des extrémismes politiques pour le " bien commun " .