Pour les employés, c'est la rentrée. Rentrée hybride: semi-présentielle et semi-virtuelle mais rentrée quand même. Pour les jeunes qui entrent dans le monde du travail et qui lisent ce modeste billet, je souhaite partager le contenu d'un post que j'ai lu sur LinkedIn. Il s'agit d'un petit lexique corporate, un résumé de ce qu'il ne faut pas dire en entreprise, et surtout de ce qu'il faudrait dire à la place. Bref, c'est une sorte de bréviaire de la novlangue utilisée en entreprise. Bien entendu, les commentaires sont de mon cru et n'engagent que moi.
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Pour les employés, c'est la rentrée. Rentrée hybride: semi-présentielle et semi-virtuelle mais rentrée quand même. Pour les jeunes qui entrent dans le monde du travail et qui lisent ce modeste billet, je souhaite partager le contenu d'un post que j'ai lu sur LinkedIn. Il s'agit d'un petit lexique corporate, un résumé de ce qu'il ne faut pas dire en entreprise, et surtout de ce qu'il faudrait dire à la place. Bref, c'est une sorte de bréviaire de la novlangue utilisée en entreprise. Bien entendu, les commentaires sont de mon cru et n'engagent que moi. Donc, dans une entreprise, le jeune qui démarre son premier boulot doit garder à l'esprit qu'on ne dit plus "employé" mais "collaborateur" même si la collaboration est réduite à peau de chagrin et que vous êtes parfois prié d'exécuter les directives. On ne dit pas "réfléchir" mais "brainstormer". C'est exactement la même chose mais ça fait plus chic en anglais. Evidemment, vous ne proférerez jamais un mot impoli comme "chiant" ; vous lui substituerez le mot "challenging". Ne dites pas "le plus tôt possible", ça fait plouc, dites plutôt "asap". Normal, c'est plus court et ça fait branché. Ne dites pas non plus que vous allez donner un "retour" à votre chef, parlez-lui de "feedback". Ben oui, l'anglais a la cote en entreprise. Et, s'il vous plaît, ne dites pas que vous "allez voir ensemble" je ne sais quel problème, dites que vous allez "débriefer" même si dans les mauvaises entreprises, l'un parle et l'autre est juste prié d'écouter. Dans le même registre, ne dites pas que "c'est la personne au-dessus de moi hiérarchiquement". C'est trop long: dites que c'est votre "N+1"... mais n'oubliez pas que votre N+1 n'est sans doute que le N-4 dans l'entreprise. Là encore, ne dites surtout pas que "vous faites le boulot de quelqu'un d'autre", ça fait revendicatif! Dites plutôt que "vous êtes une force de proposition", ça sonne mieux aux oreilles de la direction. Ne dites pas non plus "je fais ce qu'on me dit", optez pour un "j'applique le process". Oui, je sais, c'est tout aussi peu engageant mais ça fait plus professionnel. Jeunes gens, jeunes filles, ne dites jamais que "c'est le bordel" mais plutôt "qu'il n'y a pas de journée type": c'est plus hypocrite mais ça ne froisse personne. Dans la même veine, il est déconseillé de dire "j'ai des tâches qui n'ont rien à voir avec mon poste". Soyez plus subtil, dites plutôt "les tâches sont variées, on ne s'ennuie jamais", ça c'est de la langue de coton. Sa particularité? C'est encore mieux que la langue de bois des politiques car sur le bois, chacun le sait, on se cogne. Vous me suivez toujours? Alors, bien entendu, en tant que jeune cadre, vous "n'êtes pas concentré", c'est trop plat comme expression. Dites que vous êtes "focus". "Comme un laser", ai-je envie d'ajouter... Bien entendu, dans la novlangue des entreprises, on ne dit plus "il a été licencié" mais "il a souhaité donner une nouvelle orientation à sa carrière". Exactement comme lorsque quelqu'un décède, on ne dit plus qu'il est mort mais qu'il est parti. Personne ne sait où il est parti, mais vous l'aurez remarqué, plus personne n'ose prononcer le mot "mort". Et si jamais cette chronique en forme de clin d'oeil vous a déçu, surtout n'utilisez pas le mode "décevant", mais dites qu'elle est "en dessous des attentes". Normal, votre plumitif préféré a aussi sa fierté... Ah oui! un dernier point: si vous estimez qu'il y a "des choses qui ne vont pas au sein de votre magazine Trends-Tendances", j'attends vos suggestions mais, s'il vous plaît, parlez-moi plutôt "d'axes d'amélioration"