"Bruxelles, c'est mon pays. " Cette jolie déclaration fait partie des témoignages recueillis par la réalisatrice Kika Nicolela dans une vidéo en quatre parties, installée au premier étage du Musée Juif de Belgique, à deux pas du Sablon. Quatre parties parce que quatre questions, posées à des interlocuteurs différents en nationalités, âges et motivations d'installation à Bruxelles.
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"Bruxelles, c'est mon pays. " Cette jolie déclaration fait partie des témoignages recueillis par la réalisatrice Kika Nicolela dans une vidéo en quatre parties, installée au premier étage du Musée Juif de Belgique, à deux pas du Sablon. Quatre parties parce que quatre questions, posées à des interlocuteurs différents en nationalités, âges et motivations d'installation à Bruxelles. Il faut prendre le temps de s'attarder sur les visages - cadrés avec sentiment - écouter les récits, décrypter les motifs et émotions : les rencontres dépassent heureusement la seule migration économique " classique ", italienne, marocaine, espagnole ou plus récemment, roumaine. Dans l'escalier entre le rez et le premier, on est happé par des centaines de photos représentant ceux qui sont venus à Bruxelles au fil du temps : des scans, les originaux ayant été rendus à leurs propriétaires, pour lesquels ces images sont parfois les dernières traces d'un pays et d'une vie antérieure. Le parcours au rez-de-chaussée d'une expo didactique sur les migrations successives, se complète par les photos signées Herman Bertiau. Quatre agrandissements sur toile dans la cour du musée, plus une dizaine de tirages au premier, proviennent d'un travail réalisé à la fin des années 1980 par le photographe bruxellois en collaboration avec Sylvie Nys : l'intégralité se trouve dans Bruxelles intime, un ouvrage réédité aujourd'hui par les éditions Husson. Une vaste fresque de 150 images où Herrman Bertiau, connu entre autres pour ses affiches de Couleur Café, a photographié, de manière frontale et sans artifices, des Bruxellois, seuls, en couple ou en famille, dans leur intérieur. De l'ambassadeur d'Indonésie de l'époque à un moine bouddhiste laotien, de BJ Scott période " rock " au comte Simon du Chastel, les parfaits inconnus comme ceux qui le sont moins, attestent que le métissage d'il y a 30 ans annonce celui d'aujourd'hui.Sinon, pour info, le côté un rien vieillot des bâtiments et de la scénographie du musée devraient disparaître au profit d'un espace moderne, après des travaux prévus en début de prochaine décennie.