D'une vague à l'autre, le covid ne cesse de tourmenter nos vies et nos économies. Si cette pandémie représente un drame humain pour la Belgique, comme pour la majorité des pays dans le monde, et handicape bien des pans de notre économie, elle représente toutefois une opportunité pour le secteur biopharmaceutique belge qui redore le blason de notre pays dans le monde.
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D'une vague à l'autre, le covid ne cesse de tourmenter nos vies et nos économies. Si cette pandémie représente un drame humain pour la Belgique, comme pour la majorité des pays dans le monde, et handicape bien des pans de notre économie, elle représente toutefois une opportunité pour le secteur biopharmaceutique belge qui redore le blason de notre pays dans le monde. Selon la Banque nationale, la production de vaccins pourrait doper la croissance de l'économie belge de 0,25% sur l'année 2021, soit l'équivalent d'environ 1 milliard d'euros. D'après les chiffres de Statbel repris par L'Echo, la production en volume de l'industrie pharmaceutique a augmenté de 108% au cours des 10 premiers mois de cette année par rapport à la même période en 2020. Cette hausse spectaculaire est "à mettre en rapport avec le rôle important de la Belgique en tant que producteur de vaccins", confirme Caroline Ven, CEO de Pharma.be. La responsable du secteur insiste sur son apport à l'économie nationale et renvoie à son rapport d'activité 2020, publié fin 2021: "La contribution positive du secteur au système de santé et à l'économie de notre pays ne doit pas être sous-estimée. Les médicaments développés et fabriqués dans notre pays sont distribués aux patients du monde entier. En 2020, la valeur des exportations de la Belgique dépassait 56 milliards d'euros. 130.000 personnes sont employées directement ou indirectement dans ce secteur." Le symbole du succès de l'industrie pharma n'est autre que l'usine de Pfizer et sa chaîne de production de vaccins à Puurs-Sint-Amands, entre Bruxelles et Anvers. Quelque 4.000 personnes y travaillent, soit 1.000 de plus qu'un an auparavant. De là, plus de 100 millions de vaccins sont exportés chaque mois vers 163 pays. Les médias du monde entier sont venus rendre compte de cette success story. Dans un entretien exceptionnel accordé au Tijd, Luc Van Steenwinkel, patron de l'usine, rappelle l'exploit que représente la nouvelle technologie du vaccin ARNm et la prouesse d'avoir fait de la Belgique son centre de production. "Construire une nouvelle installation, avec des technologies connues, prend normalement trois ans, rappelle-t-il. Nous l'avons réalisé en 100 jours, avec une toute nouvelle technologie. Nous avons littéralement travaillé jour et nuit, sept jours sur sept." Non sans prendre le risque de travailler pour rien: le processus a débuté avant le feu vert des essais cliniques. Suite à l'arrivée du variant omicron, Pfizer pourrait adapter les vaccins en quelques mois si cela s'avère nécessaire, confirme son responsable. Sa seule crainte? Comme dans d'autres industries, les engorgements et ruptures de production ne sont pas à exclure. "Il n'était déjà pas simple d'organiser le transport et l'exportation mais la pénurie de matières premières de base commence également à se faire sentir, souligne Luc Van Steenwinkel. Nous faisons surtout face à une menace de pénurie de matières synthétiques, indispensables à la production de certains composants."