La jeune société Texere Biotech, basée au nord de Charleroi, a mis au point la première ligne entièrement robotisée pour le traitement des tissus humains. Elle permet de produire jusqu'à trois ou quatre fois plus de greffons osseux à partir d'une tête fémorale, et avec une qualité et une traçabilité supérieures, grâce à l'intelligence artificielle. Il n'y a aucune intervention humaine sur la chaîne, y compris jusqu'à l'emballage et l'étiquetage. Texere (" tisser " en latin) ambitionne de produire quelque 30.000 greffons osseux par an, ce qui lui permettrait de couvrir 20% du marché européen. Ces greffons ont la forme d'un cube et sont utilisés pour la chirurgie de la hanche, de la colonne, maxillofaciale, et plus largement dès que le chirurgien doit combler un os. A terme, la technologie pourrait être utilisée pour d'autres produits que les blocs osseux. L'entreprise prévoit aussi d'exporter ses lignes automatisées hors d'Europe. A l'origine de Texere, on retrouve le Dr Denis Dufrane, actif dans le monde académique et clinique des banques de tissus depuis une quinzaine d'années. L'entreprise compte aujourd'hui autant de robots que de personnel (six personnes, en comptant les fondateurs). " Mais nous créons une chaîne de valeur en amont, précise Denis Dufrasne. L'expertise IT et IA, la robotique, la programmation..., tout vient de chez nous, tous les intervenants sont des entreprises belges. Cela démontre que l'expertise existe chez nous pour développer des produits innovants dans les biotechnologies. " Texere est soutenue par la Région wallonne et Sambrinvest.