Alors que l' " industrie de la nuit " semble toujours en coma prolongé, la sixième édition du festival Artonov défie les actuelles difficultés événementielles, avec toujours le sens des surprises et des déviations. Par exemple la présence du cirque. Art aux humeurs désormais contemporaines, il est ici décliné avec la créatrice Jeanne Mordoj qui tirera les leçons acrobatiques d'une résidence menée à l'Hectolitre, an...

Alors que l' " industrie de la nuit " semble toujours en coma prolongé, la sixième édition du festival Artonov défie les actuelles difficultés événementielles, avec toujours le sens des surprises et des déviations. Par exemple la présence du cirque. Art aux humeurs désormais contemporaines, il est ici décliné avec la créatrice Jeanne Mordoj qui tirera les leçons acrobatiques d'une résidence menée à l'Hectolitre, ancien club échangiste bruxellois... On peut en effet sans problème suivre Artonov selon sa programmation artistique mais aussi géographique, puisqu'il se niche dans des lieux rarement usités pour la culture. Autre exemple spectaculaire : le COOP, une ancienne meunerie industrielle d'Anderlecht, où la chorégraphe Isabella Soupart accompagnée du pianiste Guy Vandromme a le culot de proposer son spectacle Strech/Timemonochromes, d'une durée de quatre heures. Le See U à Ixelles constitue l'un de ces autres endroits dont Bruxelles semble avoir le secret : une ancienne caserne de gendarmerie provisoirement occupée par de multiples associations. Pour le festival, il accueille le collectif Gravat et une performance baptisée Come On Feet, entre danse contemporaine et velléités underground. On continue avec la Maison Saint-Cyr de l'architecte Gustave Strauven, square Ambiorix, où la musicienne Catalina Vicens, travaillera son organetto (sorte d'accordéon ancien) avec les installations olfactives de la créatrice de parfums et plasticienne Lisa Goldberg. Et à la Bibliothèque Solvay, indémodable splendeur architecturale, le jazz de Médéric Collignon et de Vincent Courtois confrontera le vieux genre américain à des interventions bruitistes. Enfin, comment ne pas mentionner l'exceptionnelle soirée prévue dans un espace qui ne l'est pas moins ? On parle de l'électronique constituant un univers sonore décalé, intriguant, du duo de Wim Van Hasselt et Koen Plaetinck, au coeur du musée de la Banque nationale... Soirée sans aucun doute dessinée pour les lecteurs de Trends-Tendances.