Indépendamment des perspectives générales, nous avons demandé à nos stratégistes quelles étaient leurs prévisions les plus audacieuses pour 2022 - les hypothèses les plus improbables, mais dont la concrétisation aurait des effets notables.
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Indépendamment des perspectives générales, nous avons demandé à nos stratégistes quelles étaient leurs prévisions les plus audacieuses pour 2022 - les hypothèses les plus improbables, mais dont la concrétisation aurait des effets notables. "Je suis une éternelle optimiste, je songe donc à une accélération foudroyante des investissements dans la technologie et l'innovation. Le phénomène est d'ores et déjà enclenché, mais il pourrait être plus rapide encore. Cela fait des années que la productivité marque le pas. Un boom des investissements pourrait la relancer, et soutenir par là durablement la croissance économique. En outre, l'innovation a tendance à peser sur l'inflation et donc, sur les taux d'intérêt ce qui, combiné à une accélération de la croissance, serait une excellente chose pour les marchés d'actions qui accorderaient alors davantage d'attention aux résultats des entreprises qu'à la politique monétaire des Etats." "Ce qui me surprendrait le plus agréablement serait que les banques centrales reconnaissent enfin qu'elles se trompent depuis 12 mois. Qu'elles admettent que la seule chose dont elles ont à se préoccuper est l'inflation, et non le marché de l'emploi, les inégalités ou les déficits publics ; qu'au cours des deux années qui viennent, elles se retirent des marchés pour les laisser agir naturellement et ne se concentrent, quant à elles, que sur l'inflation. Cela provoquera de l'émoi sur les marchés financiers mais à terme, tout le monde ne s'en portera que mieux. Il faut que les taux d'intérêt remontent structurellement, que les marchés recommencent à apprécier la valeur des choses et que l'on cesse de confondre entreprises viables et sociétés zombies." "Au mois de février, le gouvernement chinois a exprimé son refus de chercher la croissance économique à tout prix, une politique qu'il compte poursuivre l'an prochain, si bien que les résultats de la Chine vont fortement décevoir. Le pays affirme que sa croissance repose sur ses exportations, mais cela n'est pas tout à fait vrai: elle dépend davantage de l'immobilier, un secteur désormais en très mauvaise posture puisqu'il est plombé par les dettes et extrêmement spéculatif et qu'il rapporte peu au Chinois moyen. Le gouvernement va, selon moi, laisser le marché immobilier corriger, même si cela doit se faire au détriment de la croissance économique générale des prochaines années ; ainsi que de la croissance d'autres marchés émergents encore."