Grâce à son excellent rating, la Banque européenne d'investissement (BEI) peut emprunter très bon marché. Elle dispose depuis des années d'un système par lequel elle répercute cet avantage aux PME : elle prête en effet aux banques à condition que celles-ci prêtent elles-mêmes cet argent à des PME à des conditions très favorables. En moyenne, les PME...

Grâce à son excellent rating, la Banque européenne d'investissement (BEI) peut emprunter très bon marché. Elle dispose depuis des années d'un système par lequel elle répercute cet avantage aux PME : elle prête en effet aux banques à condition que celles-ci prêtent elles-mêmes cet argent à des PME à des conditions très favorables. En moyenne, les PME peuvent gagner 25 points de base (0,25%) par rapport à un crédit classique. Mais il existe depuis deux ans des freins fiscaux qui réduisent très fortement l'intérêt de ces prêts pour les PME belges. Ailleurs en revanche, cet outil est très apprécié : les PME européennes ont bénéficié d'une petite trentaine de milliards d'euros l'an dernier. Mais en Belgique, la nouvelle loi bancaire de 2016 frappe ces prêts d'un taux de 0,13 % parce qu'ils sont considérés comme des dépôts clients et depuis lors, les prêts BEI sont presque au point mort. On pensait que le cabinet des Finances travaillait à supprimer ce défaut. En fait, il n'en est rien. Interrogé par le député Ecolo Gilles Vanden Burre, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt a jugé qu'il " n'avait pas d'éléments indiquant qu'il y aurait pour les PME des pénuries de crédit ou des obstacles à l'obtention de crédits raisonnables et normaux " et il a souligné que ces dispositions fiscales sont une simple application de la loi. "Le ministre estime que les PME n'ont pas de problème de financement, répond Gilles Vanden Burre. Ce n'est pas toujours le sentiment que j'ai. Mais surtout, la BEI permettait aux PME d'emprunter à des taux plus bas, ce qui était d'une manière ou d'une autre bénéfique aux entreprises qui pouvaient investir davantage ou renforcer leurs fonds propres. Cette attitude du gouvernement est assez incompréhensible."