Grâce à Donald Trump et à sa relance de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, les marchés boursiers ont accusé le coup. Les plus optimistes diront que c'est positif - la pause arrive au bon moment - car il n'était pas normal de voir la Bourse caracoler à des sommets comme elle le fait depuis des années avec, certes, quelques moments de répits appelés par pudeur " corrections " dans le jargon des spécialistes. Pudeur qui cache en réalité la volonté de ne pas utiliser l'horrible expression de " krach ".
...

Grâce à Donald Trump et à sa relance de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, les marchés boursiers ont accusé le coup. Les plus optimistes diront que c'est positif - la pause arrive au bon moment - car il n'était pas normal de voir la Bourse caracoler à des sommets comme elle le fait depuis des années avec, certes, quelques moments de répits appelés par pudeur " corrections " dans le jargon des spécialistes. Pudeur qui cache en réalité la volonté de ne pas utiliser l'horrible expression de " krach ". N'oublions pas que la manipulation des esprits démarre avec les mots. Exactement comme le gestionnaire de votre portefeuille qui, n'ayant pas vu arriver la " correction ", se rattrape à vos yeux en vous disant que c'est une " fenêtre d'opportunité " pour acheter des actions " injustement massacrées ". Mais au-delà de cette novlangue chère aux financiers (les médecins de Molière d'aujourd'hui) ne soyez pas dupes : les marchés financiers resteront accros à la drogue monétaire. D'ailleurs, les banquiers centraux ne veulent pas être accusés d'une crise boursière majeure (mauvais pour le sentiment de confiance des CEO ! ). Soyons indulgents : c'est parce qu'ils ne comprennent pas pourquoi, après avoir injecté autant d'argent, l'inflation ne reprend pas et pourquoi la croissance reste atone en zone euro et aussi faible historiquement aux Etats-Unis... La logique voudrait que les banquiers centraux essaient autre chose après un pareil échec. Après tout, n'est-ce pas Albert Einstein qui disait : " La folie, c'est de se comporter de la même manière et de s'attendre à un résultat différent " ? Hélas, si vous pensez comme Einstein, vous avez tort : nos banquiers centraux savent visiblement des choses que le grand Albert ne savait pas. Car eux, les nouveaux grands prêtres de l'économie mondiale, ont promis de baisser à nouveau les taux d'intérêt. Les uns diront qu'ils sont décidément trop entêtés... surtout quand il s'agit de l'argent des autres. Bref, nos banquiers centraux seraient de dangereux pompiers pyromanes. D'autres, comme l'excellent Philippe Béchade, commentateur parisien avisé de la Bourse, y voit un parallèle avec.... les mendiants japonais ! Les habitués du Japon savent que ceux-ci squattent les jardins publics à la fin de la belle saison en se rendant coupables de quelques délits mineurs. De la sorte, ils se voient infligés plusieurs mois de prison (entre quatre et six), soit le temps que dureront les mauvais jours. La prison leur garantit le gîte et le couvert et leur évite d'affronter les rigueurs de l'hiver. Les juges japonais jouent le jeu car, avec le plein-emploi et une population en déclin, les prisons sont sous-occupées et sans ces mendiants, il faudrait licencier la moitié du personnel carcéral dans l'archipel du Soleil-Levant. Au final, ces mendiants acceptent de perdre leur liberté par calcul, exactement comme le chien de la fable de La Fontaine, Le Loup et le Chien... Question posée par Philippe Béchade : les marchés ne sacrifient-ils pas leur liberté contre un abri correctement chauffé et une ration de liquidités massives plusieurs fois par an ? La réponse est évidente : les banques centrales sont dans une seringue dont elles ne sortiront plus jamais. A chaque problème, il faudra presser la seringue et injecter la dope monétaire nécessaire au marché pour éviter le chaos boursier. Les marchés financiers ont perdu toute logique et sont entrés dans le domaine du religieux. Leur credo aujourd'hui se résume à un : " Seigneur, donnez-nous notre dose quotidienne et que votre volonté soit faite ".