Après le 17 mai, Mathias Dewatripont retrouvera le monde académique et reprendra ses cours à l'ULB, et plus précisément à la Solvay Brussels School. Que pense-t-il de ce combat entre les tenants d'une science économique orthodoxe et les " hétérodoxes " qui remettent en question les grands principes de la théorie classique ?
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Après le 17 mai, Mathias Dewatripont retrouvera le monde académique et reprendra ses cours à l'ULB, et plus précisément à la Solvay Brussels School. Que pense-t-il de ce combat entre les tenants d'une science économique orthodoxe et les " hétérodoxes " qui remettent en question les grands principes de la théorie classique ? " Ce débat est surtout français, répond Mathias Dewatripont. Aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, deux pays où la science économique est particulièrement développée, ce débat est presque inexistant, ce qui n'empêche pas l'existence d'une très grande diversité d'approches. De nouvelles idées sont testées dans des revues dites 'orthodoxes' et les économistes orthodoxes s'intéressent depuis longtemps à la psychologie comportementale, aux approches empiriques, etc. Bien sûr, la science n'est pas neutre. Elle est le fait de personnes qui croient en certains paradigmes et les poussent au maximum. Mais les faits finissent toujours par s'imposer. " Le directeur de la Banque nationale souligne que des économistes souvent classés très à gauche, tels Thomas Piketty, Joseph Stiglitz ou Paul Krugman, ont beaucoup publié dans des revues orthodoxes et ont reçu, pour les deux derniers, un prix Nobel. " Les économistes ont pour ambition d'aider à changer le monde, ajoute Mathias Dewatripont. L'économie comporte donc un aspect politique, et certains intérêts particuliers s'approprient, ce qui est normal, ses concepts, ajoute-t-il. Les syndicats vont mettre l'accent sur la politique de la demande et les idées de Keynes. La FEB mettra l'accent sur la production et la politique de l'offre. Cela ne signifie pas que les économistes soient nécessairement à la solde de l'un ou de l'autre. "