Excédée par les 24.000 tonnes d'emballages de boissons annuellement abandonnées à travers la Flandre, la ministre de l'Environnement voudrait mettre tout le monde à contribution : les consommateurs qui perdraient le montant de leur caution s'ils ne rapportent pas leurs canettes et bouteilles en plastique vides aux points de collecte, les distributeurs qui devraient organiser ces collectes et enfin, les producteurs qui seraient invités à rémunérer les commerçants pour le travail accompli.

L'argent nécessaire proviendrait, selon la ministre, à la fois du produit du recyclage des emballages métalliques et plastiques ainsi que des cautions non réclamées. Immédiatement, les critiques ont fusé de toutes parts : si le projet aboutit, le consommateur ira faire ses achats à l'étranger ; à quoi serviront encore les sacs bleus ? etc. Des taxes, des taxes, encore des taxes, dénoncent les industriels qui devraient verser un demi- centime par canette et 1,5 centime par bouteille produite.

Ce n'est pas dans l'accord gouvernemental, a déjà fait savoir l'Open Vld. Pour la N-VA, plus directe, ces cautions sont à jeter à la poubelle. Face à cet emballement, la ministre tient bon. Elle s'estime en effet soutenue dans sa démarche par l'opinion publique, ce qui est peut-être aller un peu vite en besogne, même si 158 communes de Flandre sur 308 ont déjà rejoint la Statiegeldalliantie (l'Alliance de la consigne) et témoigne d'une certaine candeur politique. Nous sommes à quelques mois des élections et les observateurs imaginent mal les partenaires de l'actuelle coalition permettre à Joke Schauvliege de se targuer d'un succès en la matière.