Le Covid-19 ne s'attaque pas seulement à la trésorerie des entreprises. Il frappe aussi le portefeuille des actionnaires. A l'image de certains grands groupes internationaux tels que Volvo ou Airbus qui ont annoncé ces derniers jours qu'ils ne verseraient pas de dividende, plusieurs sociétés belges cotées en Bourse, dont certaines faisant partie du Bel 20, ont également décide de limiter, voire carrément de supprimer, la distribution d'un dividende à leurs actionnaires.
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Le Covid-19 ne s'attaque pas seulement à la trésorerie des entreprises. Il frappe aussi le portefeuille des actionnaires. A l'image de certains grands groupes internationaux tels que Volvo ou Airbus qui ont annoncé ces derniers jours qu'ils ne verseraient pas de dividende, plusieurs sociétés belges cotées en Bourse, dont certaines faisant partie du Bel 20, ont également décide de limiter, voire carrément de supprimer, la distribution d'un dividende à leurs actionnaires. C'est notamment le cas de bpost, de la société audiovisuelle EVS, du groupe Umicore, de la firme de lingerie Van de Velde, des cinémas Kinepolis, de l'éditeur Roularta ou encore de l'opérateur Proximus. But de la manoeuvre ? Faire preuve de prudence et préserver son cash alors que l'économie belge pourrait reculer de 5% cette année, selon les dernières estimations de Belfius. Entreprises publiques, loisirs, télécoms, industrie... Tous les secteurs sont touchés, y compris les banques. Pas plus tard que vendredi dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a en effet chaudement recommandé (pour ne pas dire donné l'ordre) à la centaine de banques de la zone euro qu'elle contrôle, de ne pas verser de dividendes ni de racheter des actions propres jusqu'au 1er octobre 2020, et cela afin de consolider leurs réserves. Un message reçu cinq sur cinq par le groupe KBC (CBC et KBC Brussels) qui, à l'instar d'autres groupes bancaires européens, a rapidement fait savoir qu'elle retirerait son dividende final pour 2019 (environ un milliard en cash) et reportait son programme de rachat de titres. Outre le bancassureur flamand, plusieurs grandes banques européennes (dont ING) ont effectivement pris la même décision, mais toutes n'ont pas dit si elles emboîteraient le pas. A commencer par BNP Paribas dont l'Etat fédéral est actionnaire à la hauteur de 8 %. La douche est bien sûr froide. Froide non seulement pour les investisseurs mais aussi pour les épargnants qui comptent sur la Bourse pour compléter leurs revenus en cette période de taux historiquement bas. Après avoir vu leur portefeuille se faire massacrer au cours des dernières semaines, les voilà maintenant privés de rémunération et mis au régime sec. Mauvaise nouvelle aussi pour les caisses de l'Etat. Car ce serrage de ceinture va inévitablement se traduire par des recettes fiscales en moins. Le précompte mobilier perçu sur les dividendes s'élevait en effet à près de 3 milliards d'euros en 2019. Un manque à gagner qui pourrait bien s'alourdir si des fleurons autres que bpost ou Proximus, dont l'Etat est lui-même actionnaire (comme Belfius, qui prendra une décision à ce sujet ce jeudi), venaient également à supprimer leurs généreux dividendes et le mettre à la diète.