Etonnant mais sans doute vrai: le variant dont il faut le plus s'inquiéter aujourd'hui n'est pas l'omicron mais le variant fiscal belge! En effet, le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V) est en train de nous concocter une grande réforme fiscale pour 2022. Bonne idée, tout le monde est partant, car notre fiscalité est devenue incohérente et illisible au fil du temps. Mais l'énorme hic, c'est que cette réforme semble surtout marquée par la volonté... d'augmenter nos impôts.
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Etonnant mais sans doute vrai: le variant dont il faut le plus s'inquiéter aujourd'hui n'est pas l'omicron mais le variant fiscal belge! En effet, le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V) est en train de nous concocter une grande réforme fiscale pour 2022. Bonne idée, tout le monde est partant, car notre fiscalité est devenue incohérente et illisible au fil du temps. Mais l'énorme hic, c'est que cette réforme semble surtout marquée par la volonté... d'augmenter nos impôts. Depuis peu, quelques experts fiscaux sortent du bois pour nous alerter sur les dangers cachés de cette nouvelle "rage taxatoire" déguisée en réforme. D'abord, elle risque de démotiver les indépendants et tous les entrepreneurs en herbe. Plusieurs sondages l'ont déjà montré: ceux qui veulent avoir leur propre entreprise ne sont pas motivés en priorité par l'argent ou le pouvoir mais par le désir de ne pas avoir de patron. Mais avec la volonté du ministre des Finances de taxer plus lourdement les sociétés unipersonnelles et les plus-values sur actions, sans oublier son combat contre les rémunérations alternatives, autant dire que sur le plan fiscal, il n'y aura plus aucun incitant à entreprendre. Il est vrai que c'était déjà le cas aujourd'hui. Mais si on laisse faire Vincent Van Peteghem, ce dernier va aggraver encore la situation. Aujourd'hui en Belgique, si un entrepreneur se plante, il est sanctionné socialement (il a perdu l'argent de la famille et des amis et est fiché à la Banque nationale) et financièrement (il gagnera moins au chômage qu'un salarié). Et s'il a le bonheur de réussir, le fisc le rattrape au tournant (il sera autant taxé qu'un salarié qui n'a pris aucun risque). Un pays qui décourage ses entrepreneurs est un pays qui génère un problème collectif, contrairement à ce qu'on pourrait penser. La preuve? En Wallonie, 40% de la population active travaille pour le gouvernement, nous rappelle l'économiste Rudy Aernoudt! Or, s'il faut redresser la Région, et dieu sait si c'est absolument nécessaire, il faudra bien avoir des personnes qui travaillent dans le privé et osent entreprendre, non? Mais comment y arriver si ces entrepreneurs en herbe ne sont pas incités à le faire? Mais ce n'est pas tout, la réforme fiscale de 2022 pourrait aussi être un cauchemar pour les classes moyennes. Prenons le cas de l'immobilier qui pourrait être taxé en cas de revente. Bien entendu, je ne parle pas de l'immeuble principal mais d'un autre bien en possession de l'heureux membre de la classe moyenne laborieuse. En cas de revente, ce bien serait taxé à 25%, d'après ce que l'on croit savoir. Mais ça veut dire quoi? Ça veut dire que si on tient compte des droits d'enregistrement et des frais de notaires, il faudrait que le bien prenne au moins 40% de valeur pour qu'il puisse être vendu avec un profit! Autant dire que cette mesure freinerait les transactions sur le marché immobilier, mais également sur celui de la rénovation ou de la construction. Et encore, dans ce calcul, je ne tiens pas compte de l'inflation. Bref, la réforme concoctée par les collaborateurs illuminés du ministre aboutirait à taxer une richesse virtuelle. Et comme les emmerdes volent toujours en escadrille, comme disait Jacques Chirac, ce n'est pas tout: en taxant les loyers réels comme cela semble prévu, le bailleur n'aura d'autre choix que de transférer ce nouveau coût vers le locataire, ce qui rendra le marché immobilier encore plus inaccessible aux jeunes familles. Au final, oui, le variant fiscal belge est aussi dangereux que l'omicron mais il ne fait, hélas! , pas la une des médias. Pas encore.