Économiste libéral, essayiste, pamphlétaire mais aussi homme politique qui vécu durant la première moitié du 19e siècle, le Français Frédéric Bastiat est aujourd'hui beaucoup plus connu dans les pays anglo-saxons que dans les pays francophones. Pourtant, ses essais, généralement fort bien ficelés, méritent souvent le détour. Un de ses célèbres articles, " Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas ", expliqu...

Économiste libéral, essayiste, pamphlétaire mais aussi homme politique qui vécu durant la première moitié du 19e siècle, le Français Frédéric Bastiat est aujourd'hui beaucoup plus connu dans les pays anglo-saxons que dans les pays francophones. Pourtant, ses essais, généralement fort bien ficelés, méritent souvent le détour. Un de ses célèbres articles, " Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas ", explique le " sophisme de la vitre brisée ". Voici la fable. Un jour, le sacripant de fils du bon bourgeois Jacques Bonhomme lance un caillou sur une fenêtre de sa maison et casse une vitre. Le père est furibard, mais certains de ses amis lui disent : " A quelque chose malheur est bon. De tels accidents font aller l'industrie. Il faut que tout le monde vive. Que deviendraient les vitriers, si l'on ne cassait jamais de vitre ? " Et Frédéric Bastiat poursuit : " Le vitrier va venir, il fera sa besogne, touchera six francs, se frottera les mains et bénira dans son coeur l'enfant terrible. Cela, c'est ce qu'on voit. " Mais, poursuit Bastiat, " on ne voit pas que, puisque notre bourgeois a dépensé six francs à une chose, il ne pourra plus les dépenser à une autre. On ne voit pas que, s'il n'eut pas eu de vitre à remplacer, il eût remplacé, par exemple, ses souliers éculés ou mis un livre de plus dans sa bibliothèque. "1 Pour Art Carden, professeur à l'Université de Samford, ce sophisme mis en lumière par l'économiste français voici plus d'un siècle reste d'actualité : " Chaque fois qu'il y a une catastrophe naturelle, une attaque terroriste ou une guerre, vous pouvez être sûr que quelqu'un dira : 'c'est bon pour l'économie parce que cela va créer des emplois.' Le point essentiel souligné par Frédéric Bastiat dans ce sophisme de la vitre brisée est que la destruction ne crée pas de prospérité. La destruction détruit la prospérité. Il est important de rappeler que c'est la production qui crée la richesse. Pas la destruction. " (1) Disponible notamment à cette adresse : http : //bastiat.org/fr/cqovecqonvp.html