Vous êtes salarié ? Alors voilà qui ne va pas vous réjouir : le Belge est le seul Européen à avoir abandonné du pouvoir d'achat l'an dernier, selon une étude de l'Institut syndical européen qui se base sur les chiffres de la Commission européenne.
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Vous êtes salarié ? Alors voilà qui ne va pas vous réjouir : le Belge est le seul Européen à avoir abandonné du pouvoir d'achat l'an dernier, selon une étude de l'Institut syndical européen qui se base sur les chiffres de la Commission européenne. Le salaire net (corrigé de l'inflation) a baissé de 0,93 % dans notre pays l'an dernier alors que dans les pays voisins, la tendance est positive : + 1,6 % en Allemagne et au Royaume-Uni, voire plus de 2 % de hausse aux Pays-Bas, et même un petit + 0,25 % en France. Pourquoi donc sommes-nous le seul pays européen où les salaires ont moins augmenté que les prix ? D'abord, en raison de la modération salariale. Les sauts d'index et la loi sur la compétitivité (dont une nouvelle mouture vient d'être votée au Parlement) ont freiné les augmentations. Or, pendant ce temps, notre pays a connu une inflation plus importante qu'ailleurs. Ces huit dernières années, les prix ont augmenté en moyenne chaque année de 1,5 % chez nous, contre seulement 1,1 % dans la zone euro en raison, entre autres, des hausses de prix enregistrées dans l'horeca, les télécoms et certains services publics (enseignement, ramassage des déchets, etc.). On ajoutera un troisième élément, qui pèse lui aussi sur l'évolution des salaires : nos faibles gains de productivité. Quand le gâteau ne grandit pas, il est difficile d'augmenter sa part. Bernard Keppenne, l'économiste en chef de CBC, avance plusieurs explications à ce phénomène : " Nous avons surtout créé des emplois dans le secteur non marchand, où la productivité est la plus basse. Notre pays a adopté plus tard que les autres des mesures d'austérité, ce qui a limité la capacité d'investir des pouvoirs publics. Et puis, le salarié belge est très productif depuis longtemps : il lui est donc plus difficile de réaliser encore des gains de productivité ". Des tendances qui, malheureusement, devraient encore persister cette année PIERRE-HENRI THOMAS