Le bureau britannique à l'égalité avait ordonné, sous peine d'une amende colossale, à toutes les entreprises de plus de 250 employés de fournir leurs statistiques sur l'écart salarial ( gender pay gap) entre leurs employés masculins et féminins.

Le mercredi 4 avril à minuit, deadline imposée, près de 10.016 s'étaient exécutées. Certaines, plus petites, l'ont même fait volontairement. Que faut-il en retenir ? Sans surprise, 78 % des entreprises paient mieux les hommes et 14 % paient mieux les femmes. Seulement 8 % n'ont aucun gender pay gap. La différence de salaire médian (soit celui gagné par une femme pile au milieu de toutes les femmes de l'entreprise comparé au même principe chez les hommes) est en moyenne de 9,8 % en défaveur des femmes. Seul défaut : ces statistiques ne disent pas si une femme est moins bien payée qu'un homme pour le même travail. Elles examinent une entreprise dans son ensemble. Néanmoins, elles révèlent une surreprésentation des hommes au sommet de la hiérarchie salariale.

Ainsi, seule une entreprise sur trois présente une majorité de femmes parmi ses plus hauts salaires. Evidemment, ces statistiques varient fortement d'un secteur à l'autre même si aucun secteur pris dans son ensemble n'affiche de gender pay gap en faveur des femmes. Dans le domaine aérien, Ryanair et EasyJet ont publié des chiffres horribles : la différence salariale y est respectivement de 71,8 % et de 51,7 %. Elle s'explique par le faible nombre de femmes pilotes. Elles ne sont que 86 sur 1.493 chez EasyJet... Ce n'est guère mieux dans la finance où des différences de salaire médian de 50 à 60 % sont enregistrées. Pareil dans la mode où les femmes, très largement majoritaires sur le payroll, sont bien moins bien payées que les hommes : 19 % de différence, par exemple, chez Victoria's Secret. La révélation de ces chiffres a fait l'effet d'une bombe au Royaume-Uni. Reste à savoir si cela va être suivi d'un quelconque changement...