"Quand l'art de vivre à la française rencontre le savoir-faire belge ", tel est le slogan de la Maison Chocolat Guérin- Boutron, version 21e siècle. " Tout en développant des projets équitables et sociétaux en Côte d'Ivoire ", ajoute son CEO, Johann Domas- Conzemius, qui porte également le nom traditionnel ivoirien de Nanan Aoussi II. Fondée à Paris avant 1775, la marque de luxe a su développer son prestige au fil des années avant d'être déclarée en faillite lors de la Seconde Guerre mondiale. C'est finalement en Belgique, sous l'impulsion de ce Franco- suisso-ivoiro-luxembourgeois résidant à Bruxelles, que la marque a pu sortir d'un long sommeil. " En regardant de vieilles photos de famille, je suis tombé sur le nom Guérin-Boutron. Après quelques recherches, je me suis retrouvé en juin 2016 à faire une proposition d'achat au groupe financier qui possédait alors la marque et je l'ai acquise pour 5.000 euros. "

Mais pourquoi réveiller une vieille marque française de chocolat, et qui plus est en Belgique ? " Aujourd'hui, pour se lancer sur le marché du chocolat, il faut un budget communication énorme, explique l'entrepreneur. Ce qui est fabuleux avec la Maison Chocolat Guérin-Boutron, c'est qu'elle n'est jamais tombée dans l'oubli, grâce aux collectionneurs notamment. C'est pourquoi il ne nous a fallu que deux petites années et un budget minime pour la faire revivre. "

" Le business doit être au service de l'homme "

Pour séduire, le CEO de l'entreprise, flanqué de Raphaël De Macar et du cogérant Simon-Pierre Saverys, mise sur trois axes, que l'on retrouve aux différentes étapes de la production. L'engagement sociétal d'abord, qui constitue le moteur du projet de Johann Domas-Conzemius. " Le business doit être au service de l'homme ", estime-t-il. C'est pourquoi la marque collabore avec une coopérative ivoirienne qui regroupe plus de 250 familles de planteurs de cacao et avec laquelle un label à la fois bio et équitable a été créé. En parallèle, une académie du cacao et du chocolat ivoirien va également voir le jour à Abidjan dès 2020. Le savoir-faire chocolatier belge, ensuite : " Depuis octobre, la torréfaction du cacao et la fabrication de nos produits sont réalisées à Bruxelles par le chocolatier de renom Frédéric Blondeel ". Et enfin, le prestige du luxe à la française, qui doit permettre à la marque de se faire une place à l'international.

Relancé avec un capital d'à peine 30.000 euros, Chocolat Guérin-Boutron a récemment lancé une levée de fonds via la plateforme de financement Ayomi. L'objectif est d'atteindre 50.000 euros d'ici le début du mois de juin, même si Johann Domas-Conzemius espère secrètement dépasser ce chiffre. " Ce montant suffit pour financer nos projets en Côte d'Ivoire et à nous développer en Belgique, en Europe, ainsi qu'à l'export, précise-t-il. Mais si l'on dépasse cette somme, nous pourrons voir encore plus grand... "

La jeune maison multicentenaire s'oriente pour l'instant vers la vente en B to B, en travaillant avec de grands hôtels, des restaurants, etc. Mais l'accès aux particuliers est possible via la vente en ligne et les canaux de distribution comme les épiceries fines. Avec cette stratégie, l'entreprise table sur un chiffre d'affaires de 80.000 euros en 2019, 240.000 en 2020 et 540.000 en 2021.

Dans les prochaines années, Johann Domas-Conzemius espère bien lancer une première boutique à Bruxelles. " Nous prospectons auprès des communes pour trouver le lieu idéal. L'idée est de lancer un concept, d'offrir une expérience à nos clients : espace dégustation, musée dédié à notre maison, team building, etc. " Et si cela fonctionne, " les boutiques Guérin-Boutron pourraient alors se développer sous la forme de magasins franchisés ", conclut le CEO.

50.000 euros

C'est le montant visé par la Maison Chocolat Guérin-Boutron pour sa première levée de fonds.