En début d'année, la Winery, petite chaîne de vinothèques installées à Bruxelles (Dansaert), Ixelles et Watermael-Boitsfort, investissait le restaurant Chez Marie à Flagey pour une table éphémère intitulée Marie a soif, confiée à la cheffe Astrid Camerman. L'occasion pour le fondateur de Winery, Frédéric de Thibault, de tester une offre culinaire plus haut de gamme pour ses bars à vins. C'est désormais sur le chef breton Damien Brunet (découvert à La Buvette et revu ensuite chez Ötap) qu'il mise. Avec, comme vaisse...

En début d'année, la Winery, petite chaîne de vinothèques installées à Bruxelles (Dansaert), Ixelles et Watermael-Boitsfort, investissait le restaurant Chez Marie à Flagey pour une table éphémère intitulée Marie a soif, confiée à la cheffe Astrid Camerman. L'occasion pour le fondateur de Winery, Frédéric de Thibault, de tester une offre culinaire plus haut de gamme pour ses bars à vins. C'est désormais sur le chef breton Damien Brunet (découvert à La Buvette et revu ensuite chez Ötap) qu'il mise. Avec, comme vaisseau amiral, l'adresse de la place Brugmann dont la réouverture a traîné à cause de la crise du Covid mais qui étrenne sa nouvelle formule depuis la mi-septembre. Tout a été revu pour transformer la Winery Brugmann en un véritable restaurant, avec notamment un décloisonnement des deux petites salles pour donner plus d'espace et des équipements dernier cri en cuisine. Axée nature et biodynamie, la sélection des vins est remarquable, réalisée notamment par la sommelière et tête chercheuse de vignerons Juliette Cordier. On voyage à Cahors chez l'ami Fabien Jouves, dont on se régale de l'excellente cuvée Amphore 2017 (34,20 euros), mais aussi en Beaujolais (l'incontournable Marcel Lapierre), dans le Jura (Bénédicte et Stéphane Tissot) ou encore en Loire (Thierry Germain), etc. Avec un droit de bouchon plus que raisonnable (12 euros), on peut se faire plaisir. A moins de faire confiance au tableau pour choisir un verre qui accompagnera les plats de Brunet. Partagée entre classiques belges - comme le pain de viande de Tante Annette (14,50 euros), un poil sec, malgré une bonne sauce moutardée - et propositions plus modernes, la carte est très bien pensée et tout fait envie. Ainsi, ce génial poireau vinaigrette à l'anguille fumée et curry japonais (13,50 euros), ce savoureux tartare de boeuf au sésame, basilic thaï et daikon (15 euros) ou ces originales croquettes de crevettes grises (18 euros) qui, une fois encore, lorgnent l'Asie. On adore également la très gourmande tarte au sucre brun Marie-Louise (7 euros), servie tiède avec de la crème fraîche, comme chez la grand-mère d'une membre de l'équipe. A l'ouverture, quelques ajustements étaient encore à faire, mais la Winery est en passe de réussir sa mue, offrant d'ores et déjà l'un des meilleurs rapport qualité-prix de la capitale. La formule lunch créative à 21 euros (entrée-plat) est ainsi imparable !