Nokia, qu'on ne présente plus, s'est redressée admirablement. L'entreprise ravit rapidement des parts de marché à Ericsson et Huawei. Elle dispose désormais d'un pouvoir de fixation des prix considérable, comme en témoigne le rapport du 1er trimestre. Nokia a souffert des années durant de la forte concurrence sur le marché des équipements de télécommunications. Ses nombreux investissements dans la R...

Nokia, qu'on ne présente plus, s'est redressée admirablement. L'entreprise ravit rapidement des parts de marché à Ericsson et Huawei. Elle dispose désormais d'un pouvoir de fixation des prix considérable, comme en témoigne le rapport du 1er trimestre. Nokia a souffert des années durant de la forte concurrence sur le marché des équipements de télécommunications. Ses nombreux investissements dans la R&D portent leurs fruits, puisqu'elle gagne aujourd'hui des parts dans le domaine de la technologie 5G également. Elle est aidée en cela par l'évincement du chinois Huawei de ce marché. Les chiffres publiés pour le 1er trimestre sont corrects. La croissance organique du chiffre d'affaires (CA) n'a pas dépassé 1% en raison des pénuries de composants. Cependant, la division Infrastructures réseau a enregistré une croissance de 5% grâce à la demande élevée de réseaux fixes et sous-marins. Le segment des réseaux mobiles a vu son CA baisser de 4%, principalement en raison du manque de composants. Nokia Technologies (revenus des licences) a pour sa part pâti de l'expiration de contrats non encore renouvelés. Point positif, la marge d'exploitation sous-jacente (marge d'Ebit) de Nokia est restée stable, à 10,9%, malgré la hausse des coûts de R&D, que l'entreprise a donc su répercuter sur les prix. Le bénéfice par action est resté stable, à 0,07 euro. Nokia a maintenu ses objectifs financiers pour l'exercice, en dépit d'une chaîne d'approvisionnement perturbée et de l'inflation des coûts. Portée par les logiciels, la marge d'Ebit passera de 9,7% en 2021 à 11-13,5% cette année. Nokia dispose d'une trésorerie nette de 4,9 milliards d'euros, soit 18% de sa capitalisation boursière. L'entreprise verse dès lors à nouveau un dividende (pour 2021, 0,08 euro par action, payable en 4 fois). En outre, un programme de rachats d'actions d'un montant de 600 millions d'euros sur une période de deux ans est en cours. L'action mérite d'être achetée pour un horizon long.