On pensait l'affaire conclue avec un cinquième tome paru en 2008 : Jean-Yves Ferri embarqué dans l'aventure Astérix dont il a repris le scénario et Manu Larcenet empêtré dans son chef-d'oeuvre Blast, récit sur le parcours d'un personnage " différent " n'avaient plus vraiment le temps à consacrer à cette série. Et finalement, un sixième chapitre du Retour à la terre est paru dernièrement. On retrouve avec grand plaisir cette vraie-fausse autobiographie du dessinateur Manu Larssinet ( sic), qui a choisi voici plus de 15 ans de quitter la ville pour renouer avec la nature, s'installant avec sa compagne Mariette aux Ravenelles, hameau paumé de l'Hexagone. Dix ans après l'avoir quittée, on retrouve la petite famille, qui est sur le point de s'agrandir de nouveau. Obnubilé par le dernier tome de Plast ( re-sic), Larssinet rebondit sur cette future naissance annoncée pour tenter de savoir qui était vraiment son père. La force de cette série réside dans sa forme : un récit au long cours cependant rythmé en strips d'une demi-page, impliquant une récurrence de la chute autant qu'un sacré sens de la narration. Ajoutez-y le dessin de Larcenet, fin et expressif. Sur le fond, Le Retour à la terre nous fait rire autant qu'il nous émeut, mâtinant derrière un humour parfois d'apparence enfantine des éléments d'une profonde, mais simple, quête existentielle. Sans oublier les running gags dus à des personnages secondaires bichonnés, comme la vieille fermière d'à côté ou l'éditeur quittant Paris pour partir à la rencontre de son auteur. Un délice bucolique !