En 2016, Unia dénonçait la forte hausse des plaintes pour discrimination à l'embauche liée à l'âge. Singulièrement pour les plus de 45 ans. A voir les résultats d'une étude menée par Acerta, force est de constater que les choses évoluent dans le bon sens. En 2018, selon le prestataire de services RH, les entreprises belges ont accru de près de 10 % les engagements de 55 ans et +. Ceux-ci représentaient 7 % de tous les recrutements l'an dernier. Le niveau d'engagement des 45-54 ans est, lui, resté stable à 16,5 %. La hausse des quinquas est compensée par une baisse de recrutement des plus jeunes (-0,7% pour les moins de 24 ans). Selon Acerta, les deux phénomènes ne sont toutefois pas liés : les jeunes font de plus longues études qu'auparavant et entrent donc plus tard sur le marché du travail.

Pour la tranche des plus de 55 ans, davantage que la hausse de l'an dernier, c'est la tendance à long terme qui est remarquable. Entre 2011 et 2018, leur recrutement a bondi de 71,4 %. Pour Acerta, une conjonction de facteurs est à l'oeuvre. Tout d'abord, le recul de l'âge de la pension et la sensibilisation des entreprises. " A 55 ans, on a encore pas mal d'années à travailler, explique Benoît Caufriez, directeur d'Acerta Consult. Aujourd'hui, à 45 ans, on est au milieu de sa carrière alors qu'à une certaine époque, on était déjà proche de la pension ! De plus, il devient très rare de faire toute sa carrière chez le même employeur. A 55 ans, un collaborateur peut encore avoir envie de changer d'air et trouver un employeur qui apprécie son expertise. " La pénurie de main-d'oeuvre, singulièrement chez les salariés disposant de profils techniques qualifiés, contribue également à l'attirance pour ces quinquagénaires dotés d'une expertise et d'une maturité intéressantes. Elle explique aussi pourquoi cet accroissement du recrutement est plus marqué chez les ouvriers qu'auprès des employés.