C'est l'un des principaux arguments utilisés par les défenseurs du projet Nethys : sans cette méga-structure contrôlée par le public, l'emploi se serait délité dans le bassin économique liégeois. Les édiles liégeois ont piloté ce projet industriel notamment en réaction au cataclysme provoqué par les catastrophes sociales qui ont touché le secteur sidérurgique. D'après Stéphane Moreau, interrogé à ce sujet par Références en septembre dernier, le groupe Nethys occupe aujourd'hui env...

C'est l'un des principaux arguments utilisés par les défenseurs du projet Nethys : sans cette méga-structure contrôlée par le public, l'emploi se serait délité dans le bassin économique liégeois. Les édiles liégeois ont piloté ce projet industriel notamment en réaction au cataclysme provoqué par les catastrophes sociales qui ont touché le secteur sidérurgique. D'après Stéphane Moreau, interrogé à ce sujet par Références en septembre dernier, le groupe Nethys occupe aujourd'hui environ 2.600 personnes, ce qui en fait un acteur de poids à Liège. Difficile cependant d'imaginer que tous ces emplois auraient disparu si les activités n'avaient pas été rassemblées sous la même structure. Le pôle énergétique (Resa) avec ses 700 collaborateurs couvre une activité de distribution de gaz et d'électricité, qui doit de toute façon être assumée par un acteur public. Le pôle média (L'Avenir), qui occupe environ 260 personnes, était rentable avant l'arrivée de Nethys à son capital et n'était pas menacé à court terme par un plan social, même si son ancien propriétaire (Corelio) l'avait mis en vente. Quant au câblo-opérateur Voo, qui occupe 1.200 personnes, il aurait pu fonctionner de manière indépendante ou être racheté par un acteur privé. Dans ce dernier cas, cependant, les partisans du projet industriel Nethys affirment que l'emploi aurait été menacé. L'exemple le plus cité est celui du call center, situé à Herstal et Seraing, où travaillent plus de 400 personnes, principalement des profils faiblement qualifiés. Difficile de savoir quel serait le sort de ce centre d'appels en cas de rachat par le privé. Force est cependant de constater que Voo n'est pas le seul opérateur en Belgique à employer de la main-d'oeuvre locale dans ses call centers. Proximus fait appel à des call centers exclusivement basés en Belgique, ce qui représente environ 2.000 postes de travail. Chez Proximus, un comparatif a été réalisé avec des centres d'appels étrangers : si ceux-ci sont moins chers, ils ne permettent pas d'arriver au même type de contrôle qualité qu'en Belgique, nous explique-t-on. Telenet emploie de son côté 970 personnes dans ses centres d'appel. Une partie de ceux-ci sont situés à l'étranger, mais la majorité des travailleurs sont employés dans un des cinq call centers de l'entreprise implantés en Flandre. Quant à Orange Belgique, ses call centers occupent environ 1.300 personnes, dont 70 % dans notre pays.