" Quand je vois les indicateurs socio-économiques, j'ai un peu de mal à penser que tout ce qui a été fait ces 10 dernières années était parfait ", déclarait début septembre le ministre wallon de l'Economie Pierre-Yves Jeholet (MR) dans Trends-Tendances. Il précisait que le Plan Marshall n'était pas " une vache sacrée " et qu'une évaluation s'imposait. Un mois et demi plus tard, le mi...

" Quand je vois les indicateurs socio-économiques, j'ai un peu de mal à penser que tout ce qui a été fait ces 10 dernières années était parfait ", déclarait début septembre le ministre wallon de l'Economie Pierre-Yves Jeholet (MR) dans Trends-Tendances. Il précisait que le Plan Marshall n'était pas " une vache sacrée " et qu'une évaluation s'imposait. Un mois et demi plus tard, le ministre rend sa sentence : le Plan Marshall est " en phase d'extinction " et ne sera pas prolongé au-delà de la législature. " C'est devenu une opération marketing, on a mis un cachet Marshall sur de nombreux dispositifs qui n'ont pas de liens avec le redressement de la Wallonie, explique Pierre-Yves Jeholet dans un entretien à L'Echo. Cela risque d'être contre-productif de le garder après 2019. " Le Plan Marshall était régulièrement évalué par des experts de l'administration. Une avancée salutaire dans un pays où la culture de l'évaluation n'est guère dans les moeurs. Les analyses en restaient toutefois aux constats très feutrés, trop feutrés sans doute, pour pousser le politique à concrétiser les recentrages annoncés du Plan Marshall. Face à cette inertie, Pierre-Yves Jeholet a choisi de carrément tourner la page. Au risque d'abandonner des politiques efficientes, comme les pôles de compétitivité qui ont permis de booster l'innovation et de remailler le tissu économique régional ? " Je n'ai pas d'appréhension particulière, réagit l'administrateur délégué de l'Union wallonne des entreprises (UWE) Olivier de Wasseige. Nous appelions nous-mêmes à une focalisation sur certains points de développement économique. Qu'on ne parle plus d'un plan mais d'enveloppes budgétaires pour des programmes ou des mesures ciblées, ça m'est égal. Peu importe l'emballage, l'essentiel est de continuer à soutenir la recherche, l'industrie, la création d'entreprises et l'aide à celles qui connaissent une forte croissance. " Christophe De Caevel