Avec son péristyle collé à un bâtiment moderne signé de l'architecte Stéphane Beel, le M Leuven ne passe pas inaperçu depuis son ouverture en 2009 au coeur du chef-lieu du Brabant flamand. A une petite demi-heure de voiture de Bruxelles, les francophones ont pourtant tendance à ignorer son existence et ses expos aussi futées que documentées. Il faut d'abord commenc...

Avec son péristyle collé à un bâtiment moderne signé de l'architecte Stéphane Beel, le M Leuven ne passe pas inaperçu depuis son ouverture en 2009 au coeur du chef-lieu du Brabant flamand. A une petite demi-heure de voiture de Bruxelles, les francophones ont pourtant tendance à ignorer son existence et ses expos aussi futées que documentées. Il faut d'abord commencer par les collections permanentes et patrimoniales du lieu. Riches d'une cinquantaine de milliers de pièces, elles honorent d'abord les oeuvres plus régionales, du Moyen Age au 20e siècle. Notamment les créations de George Minne, Constantin Meunier et Jef Lambeaux - surtout connu pour avoir fait scandale avec son haut-relief du Pavillon des passions humaines au Cinquantenaire à Bruxelles. Richard Long (1945), s'il ne fait pas oeuvre de trouble-fête, a amené de nouvelles pratiques dans l'art britannique. Diplômé de la célébrissime Saint Martin's School Of Art de Londres, il a été nominé quatre fois au prestigieux Turner Prize dans les années 1980, y décrochant un award en 1989. Façon de dire combien ses compositions généralement fabriquées de bois, terre, pierre, boue et autres matériaux bruts, peuvent volontiers chercher la poésie où on ne l'attend guère. C'est en marchant dans la campagne proche de Bristol - où il est né et réside - que le septuagénaire trouve l'inspiration pour ses créations. "Quand on se promène, on suit toute l'histoire de l'Humanité. Depuis les migrations originelles effectuées à pied de l'Afrique, qui ont disséminé les humains sur toute la planète", explique-t-il. Il s'agit donc bien de cela lorsqu'on visite l'expo du M Museum. Ses photographies, textes, sculptures, livres, dessins et fantasmes boueux, permettent de sentir et ressentir la planète, entre quatre murs. Une sorte d'exploit...