Si c'était une série, pas sûr qu'elle cartonnerait, même si la fin ne semblait vraiment pas écrite à l'avance. Ce 28 février, le Palace - qui s'est débarrassé du Pathé - ouvre au public bruxellois ses quatre salles d'une capacité totale de 625 places, ses deux bars et son restaurant de 80 couverts. Enfin ! Lorsque le ministre libéral Hervé Hasquin incite la Communauté française à acheter en 2001 le bâtiment de style Art nouveau d'inspir...

Si c'était une série, pas sûr qu'elle cartonnerait, même si la fin ne semblait vraiment pas écrite à l'avance. Ce 28 février, le Palace - qui s'est débarrassé du Pathé - ouvre au public bruxellois ses quatre salles d'une capacité totale de 625 places, ses deux bars et son restaurant de 80 couverts. Enfin ! Lorsque le ministre libéral Hervé Hasquin incite la Communauté française à acheter en 2001 le bâtiment de style Art nouveau d'inspiration viennoise, c'est aussi pour damer le pion à la Communauté flamande, propriétaire de l'Ancienne Belgique voisine. Il ne se doute pas que la saga du Palace sera aussi longue et coûteuse : 15 millions d'euros. Depuis 2006, Luc Dardenne, qui préside l'ASBL gérant le Palace, et d'autres entrepreneurs du cinéma belge, se sont mis en tête d'ouvrir un lieu cinéphile, montrant aussi du film belge, des courts et longs métrages, fictions et documentaires, tout en opérant une action socioculturelle, notamment vis-à-vis des écoles bruxelloises. Vaste et ambitieux programme qui vise à attirer " au moins 100.000 spectateurs " chaque année, dans un contexte politique où d'autres salles du centre-ville (Nova, Actor's Studio, Galeries) subissent des diminutions de subsides. La position centrale du Palace, la splendeur du décor rénové, la collaboration avec la Cinematek, constituent des points positifs sans doute perturbés par le piétonnier, toujours en attente de travaux. Mais clairement, le coeur du combat reste celui des films proposés dans un marché extrêmement concurrentiel où les distributeurs mènent un jeu dans lequel interviendront aussi les nouveaux producteurs digitaux comme Amazon ou Netflix. Pour inaugurer les séances : Radiance de la réalisatrice Naomi Kawase, présenté à Cannes en 2017, Jusqu'à la garde du Français Xavier Legrand évoquant un couple déchiré par sa séparation et la garde de son enfant, et Breathe premier long- métrage du Britannique Andy Serkis. Oui, le Gollum du Seigneur des anneaux qui s'attaque ici comme réalisateur au très sérieux sujet d'un homme handicapé par la polio. Trois gages de qualité cinématographique : au public de jouer maintenant.