Décidément, le golf est un sport très cruel. On se souvient qu'en 2016, à l'occasion de son premier Masters, Thomas Pieters luttait encore pour la victoire au départ du trou n°16. Porté par son habituelle rage de vaincre, ne doutant de rien, il attaqua le drapeau sur ce fameux par 3 de l'Augusta National. Mais sa balle termina malencontreusement son vol dans le bunker, condamnant le champion belge à une quatrième place finale.
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Décidément, le golf est un sport très cruel. On se souvient qu'en 2016, à l'occasion de son premier Masters, Thomas Pieters luttait encore pour la victoire au départ du trou n°16. Porté par son habituelle rage de vaincre, ne doutant de rien, il attaqua le drapeau sur ce fameux par 3 de l'Augusta National. Mais sa balle termina malencontreusement son vol dans le bunker, condamnant le champion belge à une quatrième place finale. Le scénario n'a pas été très différent, dimanche dernier, lors du dernier tour du PGA Championship, quatrième levée du Grand Chelem. Au départ du dix-septième trou, Thomas Pieters occupait la deuxième place du classement grâce à un dernier tour exceptionnel où il avait sorti son plus bel arsenal de coups. Que sa passa-t-il alors dans sa tête ? Guidé par son ambition, il sortit son driver sur le long par 5. Malheureusement, la balle fila sur la droite pour atterrir dans le petit obstacle d'eau longeant le fairway. Obligé de dropper, le joueur anversois tenta de sauver les meubles en prenant des risques sur son troisième coup. Mais, là encore, il ne fut pas récompensé de son audace et toucha l'étang bordant le green. A l'arrivée, il concéda un double bogey qui l'empêcha de lutter jusqu'au bout pour la victoire finale. Dur, dur ! Certains diront que Thomas aurait pu retenir la leçon d'Augusta et qu'il aurait dû faire preuve de davantage de sagesse. Mais ce n'est pas le genre de ce champion atypique de 26 ans, qui ne vise que la victoire, coûte que coûte. C'est dans son ADN de winner, forgé dans les championnats universitaires américains. Pieters masquait forcément évidemment mal sa déception. Mais cette sixième place lors de ce dernier Major de l'année dégage pourtant un petit parfum de victoire. Voilà plusieurs mois que le n°1 belge était en panne de bons résultats. On le sentait en manque de confiance, fragile mentalement. Il attendait désespérément le grand déclic. Sa renaissance sur le terrible parcours du Bellerive CC de Saint-Louis, Missouri, tombe donc à point nommé. Il lui redonne un moral conquérant alors que, dans 15 jours, le capitaine européen Thomas Bjorn dévoilera les noms des 12 sélections pour la Ryder Cup. Jusqu'ici, Pieters n'entrait pas vraiment en lice pour une promotion au Golf National de Paris. Il est évident que son retour au premier plan pourrait changer les données. Il y a deux ans, le rookie belge avait été la révélation de l'édition de Hazeltine, offrant quatre points à son équipe. Bjorn a besoin de joueurs en forme pour défier les Américains. S'il confirme lors de ses prochains tournois (Tchéquie et Danemark), Pieters pourrait parfaitement s'inviter à la fête. Ce serait une belle consolation.