Les bureaux sombres qui s'alignaient de part et d'autre d'un long couloir ont fait place à un open space lumineux et aéré. " Il y a un an, j'avais l'impression d'être dans la cale d'un navire ", commente Bruno Ronsse, avec cet accent à peine perceptible qui trahit ces francophones immergés durant tout un temps dans un milieu anglophone. Aujourd'hui, de petits salons cosy, semi-fermés, ont émergé ci et là, invitant le personnel à se réunir et discuter. La cafétéria, quant à elle, a été remplacée par un workcafé, lieu d'échange où les employés peuvent désormais s'installer avec leur laptop à toute heure de la journée. Durant la pause du midi, le boss y rejoint ses collaborateurs autour des grandes tables d'hôtes le temps d'un sandwich ou d'une salade.
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Les bureaux sombres qui s'alignaient de part et d'autre d'un long couloir ont fait place à un open space lumineux et aéré. " Il y a un an, j'avais l'impression d'être dans la cale d'un navire ", commente Bruno Ronsse, avec cet accent à peine perceptible qui trahit ces francophones immergés durant tout un temps dans un milieu anglophone. Aujourd'hui, de petits salons cosy, semi-fermés, ont émergé ci et là, invitant le personnel à se réunir et discuter. La cafétéria, quant à elle, a été remplacée par un workcafé, lieu d'échange où les employés peuvent désormais s'installer avec leur laptop à toute heure de la journée. Durant la pause du midi, le boss y rejoint ses collaborateurs autour des grandes tables d'hôtes le temps d'un sandwich ou d'une salade. Quand il endosse la fonction de country manager en août 2015, après avoir assuré pendant quelques mois le poste de managing director services, Bruno Ronsse se donne pour ambition d'offrir une autre image du management aux employés d'Econocom. " Un manager doit être un nice guy, avec un peu de charisme, qui doit savoir déléguer des responsabilités et accepter de se faire contredire, estime-t-il. Il doit être vertueux. " Un nice guy qui prend soin par exemple de ne pas utiliser les emplacements parking des visiteurs, qui garde son bureau clean et disponible pour ses collaborateurs dès qu'il le quitte, " même si personne n'ose s'y installer en mon absence ". Lorsque Bruno Ronsse reprend les rênes d'Econocom Belux, l'équipe est en perte de sens. " Il a fallu agir sur l'incertitude qui régnait au sein de l'entreprise, en donnant du sens et une impulsion au travail des collaborateurs, explique le manager. L'idée était d'abattre les silos et de faire travailler ensemble des équipes qui n'avaient pas l'habitude de collaborer. Ce fut une petite révolution. " Une façon de rendre visible ce nécessaire changement était de rénover les bâtiments. " Ce fut une rénovation in situ, ce qui n'a pas été évident. Pendant six mois, nous avons travaillé dans les travaux. Chacun a participé à son niveau, en déménageant ses affaires notamment. Cela a mis tout le monde en mouvement, ce que j'ai apprécié : l'immobilisme, ce n'est pas mon truc... " Effectivement, la routine, ce n'est pas son truc. Son CV en témoigne. Bruno Ronsse a pour habitude de changer de poste tous les deux ans en moyenne, de poste certes... mais pas de boîte ! L'homme fort d'Econocom est d'ailleurs plutôt fidèle. Après avoir débuté sa carrière chez Global One, cet ingénieur commercial de formation est passé chez BT, où il a oeuvré 16 ans, évoluant de poste en poste. La société internationale qui emploie plus de 100.000 personnes de par le monde lui a permis de goûter aux joies de l'expatriation, en France et en Suisse. Une expérience de six ans qui n'entame pas son goût du voyage et de la découverte : un projet de tour du monde en famille commence à prendre forme. 2013 est l'année charnière. Il est question de rentrer en Belgique, de changer de boulot et d'entreprise. Le timing est idéal. Le couple et leurs deux enfants se lancent dans l'aventure et sillonnent l'Asie, l'Océanie et l'Amérique du Sud. " L'objectif était de se retrouver soi-même, en famille, d'aller à la rencontre des gens ", précise le Bruxellois, qui concède que ces aspirations " peuvent peut-être paraître bateau ". La famille ne s'est toutefois pas lancée dans une course aux visites touristiques, préférant loger chez l'habitant et s'imprégner des habitudes locales, en rentrant en contact avec des ONG et des associations du cru. Le break a duré le temps d'une année scolaire, durant laquelle le couple a scolarisé ses enfants alors âgés de 9 et 11 ans. " Cela a été une expérience formidable, mais le dernier mois je trépignais de me remettre au boulot ", reconnaît Bruno Ronsse. De son propre aveu, le Bruxellois éprouve le besoin de se fixer sans cesse des défis. Quand il change de boulot, c'est toujours pour aller vers quelque chose de plus périlleux. " Plus c'est difficile, plus j'ai le sourire ", lâche-t-il, plus que... souriant. Est-ce avouer que son job est très difficile chez Econocom ? Bruno Ronsse rigole, reprenant aussi vite son sérieux. " La situation de départ était potentiellement critique, note le country manager. Tous les business models d'Econocom étaient attaqués, notamment par la révolution digitale, la concentration sur les marchés, etc. La société manquait de nouveaux clients et se reposait sur quelques gros poissons. A cela s'ajoutait beaucoup de changement organisationnel. L'équilibre était assez fragile. Mais j'ai tout de suite vu le potentiel de cette société qui existe depuis 40 ans et est toujours dirigée par son fondateur (Jean-Louis Bouchard, Ndlr). " La holding d'Econocom est basée en Belgique pour des raisons historiques, son centre de décision est implanté en France. Le groupe, coté sur Euronext, pèse près de 2,5 milliards d'euros et compte plus de 9.000 employés dans 19 pays, dont 700 en Belgique. Il conçoit et finance des projets de transformation digitale pour ses clients. Malgré sa grande taille, il reste agile et flexible. " Econocom se positionne entre de tout grands acteurs (Atos, Cap Gemini, etc.) et de tout petits, précise Bruno Ronsse. Big enough to cope, small enough to care, dit-on. Effectivement, nous avons la capacité d'accompagner des grands groupes dans des projets complexes et d'industrialiser le modèle pour être compétitif. Mais Econocom a aussi une taille suffisamment raisonnable pour être flexible, pour écouter le client et ne pas le forcer sur un modèle. " Selon 35 % des CIO, le passage à la transformation digitale est freiné par son financement et son manque de retour sur investissement (ROI). " Tous les hôpitaux rêveraient d'avoir un quartier opératoire complètement digitalisé, fait remarquer le country manager. Tous rêveraient de proposer des flux vidéo des opérations qui seraient suivies à distance et en temps réel par un médecin à Chicago, par exemple. Mais tous ne sont pas convaincus du ROI. Le fait de pouvoir proposer la technologie, ainsi que le service qui l'accompagne et une solution de financement qui la rend abordable (modèle à l'usage), c'est un plus qu'Econocom offre et qui lui permet de bien se positionner sur le marché. " A l'international, le groupe affiche une impressionnante croissance de 320 % sur cinq ans, selon les chiffres rendus publics. L'entité Belux, quant à elle, était un peu à la traîne ces dernières années, alors qu'elle était le fleuron du groupe il y a encore 10 ans. " La situation s'est dégradée par manque de se réinventer ", concède Bruno Ronsse. Depuis sa prise de fonction, les coûts ont été optimisés et de nombreux investissements consentis. " La situation s'était déjà redressée après six mois. Malgré 5 millions d'euros d'investissements, on affiche une belle croissance. Pour 2016, le chiffre d'affaires pour le Belux et une partie des activités aux Pays-Bas avoisine les 270 millions. Cinquante embauches ont été réalisées durant l'année écoulée. " Nous sommes optimistes, conclut le manager. De beaux contrats ont été signés. Le trend a changé, il faut confirmer la tendance en 2017. " ANNE-SOPHIE CHEVALIER" Il a fallu agir sur l'incertitude qui régnait au sein de l'entreprise, en donnant du sens et une impulsion au travail des collaborateurs. "