Seize soirées du 25 septembre au 19 octobre, 52 artistes, 19 lieux: le programme est gourmand, fourni, éclectique et aventureux. Toujours dans l'esprit contagieux de sortir de la zone de confort de la chanson française, le festival FrancoFaune est aussi un récepteur de talents émergents, de "multiples espèces en voie d'apparition". Et des deux côtés de l'Atlantique, puisqu'il puis...

Seize soirées du 25 septembre au 19 octobre, 52 artistes, 19 lieux: le programme est gourmand, fourni, éclectique et aventureux. Toujours dans l'esprit contagieux de sortir de la zone de confort de la chanson française, le festival FrancoFaune est aussi un récepteur de talents émergents, de "multiples espèces en voie d'apparition". Et des deux côtés de l'Atlantique, puisqu'il puise au Canada une partie de son casting 2021, notamment le rapeur montréalais Vendou ou l'auteure-compositrice Michaëlle Richer, d'une veine electronico-effrontée. Si la Suisse n'est pas totalement oubliée (Nour, sa virtuosité vocale et ses incidences expérimentales), la France est davantage présente en qualité qu'en quantité. On pointe le projet Lalàlive du phénomène Camille qui se donne dans une collaboration avec Les Nuits Botanique. Puis la plus bruxelloise des frenchies, Françoiz Breut, et encore Les Innocents, ces derniers bénéficiant d'une carte blanche FrancoFaune. Mais c'est bien la Belgique francophone qui se taille la part du lion, ou plutôt du coq. D'abord avec des artistes récents, voire nouveaux: Morgan, issu du collectif Le 77, l'Ivoirien de Liège Onha ou encore Greg Houben et ses ritournelles parfumées de tropicalisme. Dans la catégorie qui a déjà fait du bruit, se rangent Nicolas Michaux et Antoine Wielemans, tous deux - en projets séparés - aux agréables confins de la chanson et du rock. Et puis il y a ce curieux collectif un rien bashunguien, Bertier, qui annonce l'amour du texte comme ambition littéraire contemporaine. Ce qui mène tout naturellement à Daniel Hélin, honoré par le festival pour son quart de siècle de carrière. Si on sacrifie au raccourci, on peut calibrer le Brabançon comme une sorte de Léo Ferré 2.1 qui trouve des mots hors normes pour exprimer sa révolte innée et sa poésie en chanson puissante. Et unique.