Les hommes peuvent changer. Membre du Verdinaso et grand admirateur de Joris van Severen, un nationaliste flamand sommairement exécuté à Abbeville au cours de l'exode, Luc Versteylen, entre-temps ordonné prêtre au sein de la Compagnie de Jésus, était un fervent admirateur de Mai 68 et en particulier des provos d'Amsterdam. Mais à l'actio...

Les hommes peuvent changer. Membre du Verdinaso et grand admirateur de Joris van Severen, un nationaliste flamand sommairement exécuté à Abbeville au cours de l'exode, Luc Versteylen, entre-temps ordonné prêtre au sein de la Compagnie de Jésus, était un fervent admirateur de Mai 68 et en particulier des provos d'Amsterdam. Mais à l'action violente, il préférait l'action médiatique. Les démêlés de ses Groene Fietsers, viscéralement opposés à l'énergie atomique comme l'on disait à l'époque avec EBES, alors exploitant de la centrale de Doel, sont restés célèbres. Persuadé que l'humanité fait fausse route, il recommande de vivre autrement, Anders gaan Leven, ce qui donnera, par contraction, Agalev, mouvement qui deviendra parti politique fin des années 1970. Mais Luc Versteylen finit par prendre ses distances avec un parti qu'il trouve trop assoiffé de pouvoir et ne ménage pas ses critiques envers Mieke Vogels. Mettant en avant des valeurs comme l'unité, la sobriété et le silence, il fonde un nouveau parti, Helaba, "plus vert que Groen", dont l'existence sera éphémère, puis se retire dans la Brouwerij van Viersel, une communauté de réflexion qu'il a fondée en 1970. L'affaire Dutroux le retrouve promoteur du Kinderbos, un monument vivant dédié à la mémoire des victimes de ce prédateur. Planté sur la berme centrale de l'E19 ce Bois des enfants sera quelques années plus tard condamné par le projet Diabolo chargé de relier directement l'aéroport de Bruxelles-National à l'axe Bruxelles-Malines-Anvers. Ironie du destin, lui-même se retrouvera mis en cause en 2011 pour abus sexuel mais ces accusations seront finalement rejetées par le procureur général d'Anvers pour prescription.