Extérieurement, Sir Kwinten ressemble à une brasserie flamande bourgeoise. Nichée sur la place, encombrée, de Lennik, elle abrite deux des plus grands talents de la scène belge. D'abord, Yanick Dehandschutter. A 32 ans, il a déjà été élu meilleur sommelier de Belgique (2013) et sommelier de l'année Gault&Millau (2019). Formé à l'école Ter Groene Poort à Bruges et sous la houlette de José Lemahieu, l'organisateur du concours du meilleur vin belge, c'est un vrai dénicheur de pépites et un maître ès accord mets-vins. L'assoc...

Extérieurement, Sir Kwinten ressemble à une brasserie flamande bourgeoise. Nichée sur la place, encombrée, de Lennik, elle abrite deux des plus grands talents de la scène belge. D'abord, Yanick Dehandschutter. A 32 ans, il a déjà été élu meilleur sommelier de Belgique (2013) et sommelier de l'année Gault&Millau (2019). Formé à l'école Ter Groene Poort à Bruges et sous la houlette de José Lemahieu, l'organisateur du concours du meilleur vin belge, c'est un vrai dénicheur de pépites et un maître ès accord mets-vins. L'association d'un très rare Château Pauqué luxembourgeois 2006 (un chardonnay aux notes oxydatives et à la couleur orangée) avec le foie gras poêlé, biscuit de betteraves, granny smith et betterave en croûte de sel était juste invraisemblable. Que Sir Kwinten se surnomme " restaurant de vins " n'est évidemment pas innocent. Et puis, il y a Glenn Verhasselt, tout juste auréolé de sa première étoile Michelin. A côté d'une carte réduite, le jeune chef propose, outre un lunch en deux services (34 euros), un menu en quatre (59 euros) ou cinq services (74 services). Disons le tout de go, à ces prix-là, c'est vraiment donné. On savait le mec doué mais là, nous avons été littéralement bluffés. Tout au long du repas. Une régularité sans faille. Ni temps mort ni faiblesse. Une étoile Michelin ? Sans doute pas pour longtemps. Le chef propose une cuisine tout en légèreté (ah ! ces mousses...) et en associations osées mais d'une justesse incroyable. Tout fait sens dans les assiettes de Verhasselt. C'est recherché et travaillé mais il n'y a rien de trop ou de gratuit. Le soir de notre visite, outre le foie gras poêlé, Glenn Verhasselt nous a proposé un saumon en deux services : le mariné avec de la salicorne, du daikon (le radis blanc asiatique) et de l'avocat, le grillé avec des oeufs de poisson et une sauce à base de Tomasu, la seule sauce soja traditionnelle japonaise d'origine européenne. Juste épatant ! Même puissance de goût dans le ravioli de shiitaké et poule de ferme des Ardennes. Travail tout aussi remarquable sur le pigeon d'Anjou décliné en filet, en cuisse croustillante et en mousse de foie avec des variations de carottes des sables, une version sucrée originaire du Cotentin sous appellation AOP. Service jeune, relax et sans faute qui se coupe en quatre pour vous parler en français. Aucun doute, ce Sir Kwinten est promis à un très grand avenir...