C'est en 1968 qu'un docteur en électroacoustique allemand, le Dr Fritz Sennheiser, met au point un objet mythique : le premier casque audio. Avec ses coussinets jaune canari, le HD414 devient un véritable best-seller : Sennheiser en écoule 10 millions d'exemplaires. Ce premier casque non professionnel, accessible à monsieur et madame Tout-le-Monde, crée l'usage du casque à la maison. Le mélomane savoure alors sa musique au coin du feu, la pipe haute et le cordon relié à une imposante chaîne hifi. Au milieu des années 1970, Akiro Morita, CEO de Sony - alors inconnu en Occident - rachète le brevet au constructeur allemand. " Trois ans plus tard, on a compris pourquoi. Avec le walkman, il s'est vendu plus de casques qu'on ne l'aurait jamais imaginé. Ils n'avaient pas la meilleure qualité, mais ils ont eu le mérite de rendre la musique nomade ", confie sans amertume Daniel Sennheiser, actuel CEO de la marque du même nom.
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C'est en 1968 qu'un docteur en électroacoustique allemand, le Dr Fritz Sennheiser, met au point un objet mythique : le premier casque audio. Avec ses coussinets jaune canari, le HD414 devient un véritable best-seller : Sennheiser en écoule 10 millions d'exemplaires. Ce premier casque non professionnel, accessible à monsieur et madame Tout-le-Monde, crée l'usage du casque à la maison. Le mélomane savoure alors sa musique au coin du feu, la pipe haute et le cordon relié à une imposante chaîne hifi. Au milieu des années 1970, Akiro Morita, CEO de Sony - alors inconnu en Occident - rachète le brevet au constructeur allemand. " Trois ans plus tard, on a compris pourquoi. Avec le walkman, il s'est vendu plus de casques qu'on ne l'aurait jamais imaginé. Ils n'avaient pas la meilleure qualité, mais ils ont eu le mérite de rendre la musique nomade ", confie sans amertume Daniel Sennheiser, actuel CEO de la marque du même nom. Depuis, le casque a connu mille et une évolutions. En montée de gamme constante, il surclasse même certaines enceintes auprès du public le plus exigeant. En 1991, Sennheiser créé le casque Orpheus, le meilleur au monde en matière de rendu du son (et le plus cher, il est vendu 50.000 euros). Longtemps, sa puissance n'a pu être dépassée... jusqu'à l'arrivée, il y a un an, du système HE 1. Marbre de Carrare, platine, or, cuir de prestige, amplificateur dédié... ce casque " haute couture " a été conçu pour livrer le système d'écoute individuel ultime. Telle une sculpture, inaccessible au commun des mortels, le HE 1 symbolise le son parfait. " C'est le meilleur système audio jamais mesuré, avec la distorsion la plus faible (de 0,01% à 1 kHz) et la gamme de fréquence la plus large (de 8 Hz à 100.000 kHz) ", assure Daniel Sennheiser. Chaque matériau de prestige a cependant une utilité bien précise : le marbre assure une inertie maximale et une absence totale de vibration aux composants électroniques, l'or offre notamment les meilleurs contacts possibles entre tubes et socles, l'argent permet une transmission optimale du signal au travers du câble de modulation du casque, tandis que le platine qui recouvre les diaphragmes de chaque oreillette favorise une circulation parfaite du courant électrique. Face à la déferlante annoncée d'oreillettes intra-auriculaires, le bon vieux casque audio n'est pas mort. Il se réinvente. Après avoir coupé le cordon pour adopter la liaison sans fil Bluetooth, il élimine désormais les bruits ambiants grâce à un système de réduction de bruit active. Finis les ronronnements des moteurs, le tumulte de la rue, les bourdonnements du métro et de l'avion ou les brouhahas du bureau : une fois cette fonction activée, seule reste la musique (ou le silence). Atout supplémentaire, les nouveaux casques sont conçus pour passer des commandes vocales à un assistant : Siri, Google ou Alexa. " Avec les casques Bluetooth, on s'oriente vers une plus grande liberté, grâce à la légèreté des matériaux et la disparition du câble, sans pour autant renoncer à une bonne qualité audio ", commente un porte-parole de Bose. Ni à un certain sens du confort. Car avec ses coussinets confortables, le casque garde un avantage décisif sur les oreillettes : quand il est de qualité, il donne cette merveilleuse impression d'être coupé du monde. Pour l'avoir compris un peu avant les autres et avoir habilement exploité le contexte, la marque Beats - rachetée 3 milliards de dollars par Apple en 2014 - est largement sortie du milieu rap qu'elle visait de prime abord pour conquérir d'autres tribus d'amateurs. De cette genèse, les Beats conservent quelques stigmates : une tendance un tantinet tape-à-l'oeil par accentuation des basses au déplaisir des certains audiophiles qui préféreront des casques plus équilibrés. Car aux côtés des marques les plus connues, ce sont désormais des spécialistes de la hifi haut de gamme qui proposent leur vision du casque à réduction de bruit. Matériaux nobles, technologies futuristes, codecs offrant une qualité audio supérieure à celle du CD : les casques audio à réduction de bruit sont aussi capables de produire un son exceptionnel. C'est notamment le cas de Bowers & Wilkins. Depuis 2016, ce fleuron de l'audio britannique vit un tournant historique avec son rachat par la start-up Eva Automation détenue par Gideon Yu, ancien de chez Facebook. Et quand l'électronique de luxe s'allie avec la Silicon Valley, ce n'est jamais anodin. Fin 2017, B&W a dévoilé son premier casque sans fil à réduction de bruit, le PX. Le premier casque, aussi, à s'adapter de manière intelligente au comportement de son propriétaire. Vous le placez sur votre tête ? Il s'allume tout seul. Vous soulevez un écouteur ? Il se met en pause. Vous le déposez sur le bureau ou autour de votre cou ? Il s'éteint. " Une idée simple, mais impossible à réaliser sans les cerveaux de la Silicon Valley ", confie Andy Kerr, ingénieur et porte-parole de Bowers & Wilkins.