Une fois de plus, il a fait le spectacle. Elon Musk, CEO de Tesla, a profité du Los Angeles Car Show pour annoncer le dernier-né de Tesla, le Cybertruck. Un pick-up, électrique bien sûr, aux formes géométriques surprenantes, genre Mad Max, un monstre routier des guerriers du futur. En un week-end, environ 200.000 réservations ont été enregistrées par Tesla, dixit un tweet d'Elon Musk. Un couac à la présentation a amplifié l'impact dans les médias. Le chef du design de Tesla, Franz von Holzhausen, a voulu montrer la résistance exceptionnelle des vitres composites en y projetant une bille d'acier, mais elles se sont fissurées.

Tesla s'attaque à un créneau important aux Etats-Unis, où aucun modèle électrique n'est encore disponible. Les tarifs sont attractifs pour la catégorie : 39.900 dollars en deux roues motrices et 402 km d'autonomie, 49.900 dollars pour 482 km et deux moteurs (quatre roues motrices), 69.900 dollars pour 804 km. Le modèle est livrable en une seule couleur, métal brut, dès la fin 2021. Les traits rectilignes de la carrosserie seraient dus à la nature rigide de l'acier utilisé, de 3 mm d'épaisseur, supposé résister à une munition de 9 mm.

Un design effrayant

Tesla assure que c'est un vrai pick-up, qui peut porter une charge jusqu'à 1,6 tonne et tirer une remorque de 6 tonnes. Mais le Cybertruck fait plutôt tache, ou plutôt brique, jetant les analystes du marché auto dans la perplexité. Ils craignent que ce design n'effraie les acheteurs potentiels. Les premiers chiffres disent le contraire. Ils sont délicats à interpréter car il ne fallait verser que 100 euros pour réserver un Cybertruck, réservation annulable et remboursable contre 1.000 euros pour le Model 3. Aura-t-il du succès en Europe ? Il risque d'être mal accueilli à Bruxelles et en Wallonie, où la fiscalité automobile va intégrer le poids des véhicules pour réduire les ventes de lourds SUV.