Comme dans toute négociation, il a fallu un gros moment de crispation pour débloquer la situation. Cette crispation a pris les formes de trois journées de grève décrétées par le syndicat IG Metall dans 280 entreprises du pays dont BMW, Daimler ou encore Thyssen-Krupp. Des grèves historiques puisqu'il faut remonter à 1984 pour trouver un coup d'arrêt similaire. Mo...

Comme dans toute négociation, il a fallu un gros moment de crispation pour débloquer la situation. Cette crispation a pris les formes de trois journées de grève décrétées par le syndicat IG Metall dans 280 entreprises du pays dont BMW, Daimler ou encore Thyssen-Krupp. Des grèves historiques puisqu'il faut remonter à 1984 pour trouver un coup d'arrêt similaire. Moins d'une semaine plus tard, les négociations entamées en novembre entre IG Metall et la fédération patronale de la métallurgie se sont conclues par un accord. Un accord équilibré puisque les deux parties ont fait de solides concessions. La mesure la plus spectaculaire concernent le temps de travail. A partir de 2019, les salariés de la métallurgie allemande pourront réduire leurs temps de travail hebdomadaire à 28 heures pour une durée de six à 24 mois maximum. Ils pourront retrouver leur temps plein par la suite. En contrepartie, le patronat a obtenu d'élargir la possibilité de faire grimper ce même temps de travail à 40 heures chez les salariés volontaires. IG Metall a dû cependant renoncer aux aides financières réclamées pour accompagner cette réduction de temps de travail. En clair, les 28 heures seront payées 28 heures... Au niveau salarial, les deux parties se sont entendues sur une hausse de 4,3 % à partir du mois d'avril ainsi que sur une série de primes en 2018 et 2019. Une nouvelle hausse de salaire annuel est prévue l'an prochain, soit une augmentation correspondant au quart du salaire mensuel. Au départ, IG Metall demandait une hausse de 6 % pour l'ensemble des presque 4 millions de salariés du secteur. Face à ce succès de leurs collègues métallurgistes, ce sont désormais les syndicats du secteur public qui réclament des hausses salariales (+ 6 %) et brandissent la menace de grèves paralysantes, notamment dans les aéroports.