Cette fois, la pilule passe plus difficilement. Les entreprises expriment vivement leur mécontentement face au retour du télétravail obligatoire en raison de la nouvelle explosion de cas de covid. Le cap fixé par le politique est connu: quatre jours de télétravail obligatoire durant trois semaines, depuis le 22 novembre jusqu'au 12 décembre, avant de passer à trois jours les semaines suivantes. "Une erreur" et "une décision incohérente", selon Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. "La symbolique préférée à la cohérence et à l'efficacité", estime Olivier de Wasseige, directeur général de l'UWE. "Une horreur", ose Pierre-Frédéric Nyst, prés...

Cette fois, la pilule passe plus difficilement. Les entreprises expriment vivement leur mécontentement face au retour du télétravail obligatoire en raison de la nouvelle explosion de cas de covid. Le cap fixé par le politique est connu: quatre jours de télétravail obligatoire durant trois semaines, depuis le 22 novembre jusqu'au 12 décembre, avant de passer à trois jours les semaines suivantes. "Une erreur" et "une décision incohérente", selon Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. "La symbolique préférée à la cohérence et à l'efficacité", estime Olivier de Wasseige, directeur général de l'UWE. "Une horreur", ose Pierre-Frédéric Nyst, président de l'UCM. 1. Pas de justification sanitaire. Le tollé est généralisé, tout d'abord parce que "le bénéfice sanitaire de cette mesure est plus que probablement nul" (dixit l'Union wallonne des entreprises): "A aucun moment depuis mars 2020, les analyses scientifiques n'ont en effet révélé une hausse des contaminations sur les lieux de travail et ce n'était pas non plus le cas ces derniers jours". "L'incidence sur le nombre de contaminations sera négligeable parce que le télétravail est déjà la norme aujourd'hui et que le lieu de travail reste soumis aux mesures du Guide générique pour éviter au maximum les contaminations au travail", abonde la FEB. Les représentants des entreprises s'étonnent des restrictions imposées au milieu professionnel, et pas dans la sphère privée, dans les écoles ou dans les activités sportives. 2. Un risque de désorganiser l'entreprise. Dans les milieux économiques, les deux premiers confinements avaient été ressentis comme un choc. Il avait été nécessaire de s'adapter, rapidement. Le mal avait même été en partie vécu comme un bien: gestion du travail à distance, développement accéléré du numérique, autonomie accrue des travailleurs... Mais cette fois, les entreprises dénoncent un risque important pour leur activité et leur pérennité. "Une situation, qui nécessitera la mise en place de mesures de soutien longues et coûteuses mais qui étaient parfaitement évitables, souligne Olivier de Wasseige. Et je ne souhaite pas non plus passer sous silence l'impact important d'une telle mesure sur la santé mentale des collaborateurs." On sait combien le manque de présentiel peut nuire à la créativité et à la cohérence. " De même, croyez-moi, les entreprises n'ont aucunement besoin de charges administratives additionnelles", peste aussi Pieter Timmermans. Les présences doivent en effet être minutieusement recensées. 3. La solution, en outre, est ailleurs. "Les entrepreneurs reconnaissent que des mesures sont nécessaires, mais plutôt là où le contrôle social et la discipline sont plus difficiles, souligne Beci, l'organisation patronale bruxelloise, au diapason de ses consoeurs. Il serait important de se concentrer sur la vaccination des non-vaccinés, le déploiement rapide de la vaccination de rappel pour les personnes déjà vaccinées, l'application de toutes les mesures et instruments en place et l'utilisation efficace d'un Covid Safe Ticket plus performant." Alors que le débat sociétal se tend, notamment sur la vaccination, les entreprises ne souhaitent visiblement pas être le dindon de la farce.