Il semble bien que depuis quelques années, une culture de harcèlement et de comportements toxiques était en vigueur chez Nike : harcèlement moral et sexuel, sorties du bureau qui se terminent dans des clubs de strip-tease, remarques sur les atouts physiques, abus verbaux dégradants dans des réunions ou dans les couloirs, etc. Sans oublier des carrières féminines brisées, des refus d...

Il semble bien que depuis quelques années, une culture de harcèlement et de comportements toxiques était en vigueur chez Nike : harcèlement moral et sexuel, sorties du bureau qui se terminent dans des clubs de strip-tease, remarques sur les atouts physiques, abus verbaux dégradants dans des réunions ou dans les couloirs, etc. Sans oublier des carrières féminines brisées, des refus de promotion, des divisions réservées exclusivement aux hommes, etc. Ces comportements, maintes fois rapportés aux services des ressources humaines, n'ont pratiquement jamais été sanctionnés. Ou si peu. En début d'année, un groupe de femmes s'est révolté et a commencé à sonder les collègues de l'entreprise pour obtenir des témoignages précis de harcèlement et de discrimination sexuels. Quelque 43.000 personnes (sur près de 70.000 collaborateurs), hommes et femmes, ont répondu à cette vaste enquête informelle. Le 5 mars, les résultats ont atterri sur le bureau de Mark Parker, le CEO. Depuis, l'entreprise, la première victime corporate du mouvement #metoo, vit une véritable révolution. Les pratiques des ressources humaines ont été revues de fond en comble, les managers doivent suivre des formations spécifiques, etc. Et les têtes ont commencé à tomber et non des moindres. Ce qui tente à accréditer la thèse qu'un certain nombre de top managers se protégeaient les uns les autres et regardaient de l'autre côté quand quelque chose se produisait. Onze top managers, dont une femme ont été priés, de quitter l'entreprise : Trevor Edwards (le patron de Nike Brands pressenti pour être le prochain CEO), Jayme Martin (VP Global Categories), le directeur de la division basket, le responsable des programmes de diversité, le patron du segment running, deux directeurs marketing, etc. Pour les observateurs, cette purge met aussi le CEO dans une position très inconfortable car ces débordements ont été le fait de proches collaborateurs...