C'est une longue dégringolade. En 2008, le diesel s'offrait la part du lion avec 78,9 % des immatriculations des voitures neuves. Depuis lors, il recule et arrive pour la première fois sous les 50 %, avec 46,5 %. Il faut remonter à 1996 pour arriver à un chiffre aussi bas.
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C'est une longue dégringolade. En 2008, le diesel s'offrait la part du lion avec 78,9 % des immatriculations des voitures neuves. Depuis lors, il recule et arrive pour la première fois sous les 50 %, avec 46,5 %. Il faut remonter à 1996 pour arriver à un chiffre aussi bas. Les raisons de ce désamour ? Le dieselgate explique cette accélération du recul depuis 2015. Mais le déclin est plus ancien. L'écart avec le tarif de l'essence se réduit et va disparaître en 2018, lorsque les accises des deux carburants seront alignées. La fiscalité routière détourne aussi des amateurs de diesel, en favorisant, surtout en Flandre, les véhicules électriques et hybrides. La création de zones à basses émissions (Anvers, Paris, Bruxelles en 2018, etc.), qui bannissent les anciens diesels, a aussi joué un rôle. Le déclin devrait continuer car les objectifs d'émissions de CO2 pour 2021 vont augmenter le coût de la dépollution de ces motorisations. L'objectif est de passer d'un plafond de 130 grammes de CO2 par km, en moyenne, sur toute la gamme d'un constructeur, à 95 grammes de CO2. De là à penser que le diesel pourrait disparaître du marché, il n'y a qu'un pas. Que la fédération du secteur auto, Febiac, ne franchit pas. Elle voit le diesel encore reculer, mais rester au moins pour 10 ans au dessus des 30 %. Le règne annoncé de la voiture électrique lui paraît encore lointain, tant il suppose des investissements, des transformations, avant de dépasser significativement le seuil marginal qu'il occupe encore aujourd'hui (moins de 1 % des ventes). Ces glissements interviennent dans un marché très porteur. La Febiac annonce une hausse des immatriculations de 4,1 % sur le premier semestre. Pour arriver à un total de 322.302 autos. La poussée concerne surtout la Flandre et Bruxelles-Capitale. En Wallonie, le nombre de voitures neuves immatriculées a légèrement reculé : 91.290 voitures (-516). Robert van Apeldoorn